15/12/2011

Assassinats gratuits de Noirs en Occident et ailleurs: Que faire?

Épaules contre épaules mes plus que frères Sénégalais et Africains Debout!

PhotoAFP.jpgFace aux crimes passant vite aux faits divers et se répétant de manière perpétuelle contre les Noirs d'Afrique en Europe et ailleurs, la Diaspora africaine n'a d'autre choix que de s'organiser. Soyons nos propres lumières ! Au-delà de nos différences au niveau statutaire dans nos divers pays d'accueil et au-delà de la responsabilité première qui incombe à tout Etat : la protection de ses citoyens, une organisation forte de la Communauté noire est aujourd'hui plus que jamais nécessaire.

La honte de Florence

Alors que deux Sénégalais sont à terre, voici ce que l'on peut lire : "Nous sommes seulement en présence d'un individu qui, avant de tuer des pauvres gens à coups de feu, avait déjà montré qu'il n'était pas entièrement sain d'esprit. Un fou, rien de plus", selon l'éditorialiste italien, Vittorio Feltri, dans Il Giornale (droite), quotidien de la famille Berlusconi. Cependant dans sa majorité la classe politique italienne y inclus le parti de l'extrême droite dont est membre l'assassin qui se sera suicidé avec un courage macabre, dénonce : "Une folie raciste". Le Gouvernement du Sénégal a publié, pour sa part, un communiqué où il exprime toute son "indignation" en promettant que "la lumière sera faite".

Douleur partagée

Je voudrais très humblement m'associer à la douleur des familles sénégalaises éplorées par le fol assassinat d'une suprême et extravagante lâcheté des leurs mardi à Florence en Italie. Les extrêmes droites européennes doivent éduquer leurs militants. Oui, il y a trop de sang noir versé dans ce vieux Continent pour la liberté du monde ! Basta ! Basta ! Basta ! A mes sœurs et frères de la Diaspora, oui, l'Heure est venue plus que jamais de pousser le Véritable Cri Nègre. Celui là qui libère et fédère. Celui là qui s'enracine dans nos hautes valeurs d'Humanisme de Tolérance et d'Ouverture. Celui là aussi qui défend la Dignité humaine depuis des siècles et des siècles immémoriaux !

A nos frères et amis d'Italie, je voudrais dire ceci,  nous savons reconnaître un Mussolini, un Berlusconi d'une Maria Montessori ... Vous et nous demandons que justice soit faite et engageons nous ensemble pour faire reculer les barrières de l'ignorance et de la haine qui tuent, luttons solidairement pour mettre fin à la grande barbarie : le RACISME !

Que faire ?

A cette question que me posent Maria et tant d'autres à la suite de mon billet posté sur ma page facebook sur l'assassinat, hélas; et encore de Sénégalais en Europe, je réponds qu'il nous faut chacune et chacun là où l'on se trouve s'organiser! C'est triste à dire à dire mais il n y a pas de Communauté Africaine. Nous sommes dispersés, divisés parfois inutilement méchants les uns envers les autres. Nos Ongs forment pour la plupart des réseaux clientélistes ou sont arrimées à celles du Nord. Attendez donc la réaction de nos amis de Human Rights Watch, d'Amnesty International, de Sos Racisme, des Bureaux d'intégration etc...!

Personnellement, je crierai Haut et Fort à l'ONU le vendredi matin à l'occasion de nos briefings réguliers avec la presse internationale pour dire honte à celles et à ceux qui tolèrent que le Sang de mes Sœurs et Frères continuent à irriguer sans raison la Terre ! Ensuite, ai-je suggéré à mes amis sur internet, tournons nous vers nos gouvernements pour leur demander de faire leur boulot premier : La Protection de leurs citoyens ! Par ailleurs pour lier la parole à l'action, j'invite toutes les associations africaines, les ongs qui défendent encore l'égalité humaine à une marche des Africains devant l'ONU, au Parlement européen à Bruxelles et devant le Gouvernement italien etc... A mon avis, une grande marche de solidarité et d'unité des Africains au Palais des Nations Unies à Genève sous « la chaise cassée » aurait une vraie portée Historique. Les organisations internationales qui s'occupent des réfugiés et des migrants à l'image de l'organisation mondiale pour la migration (OIM) qui vient de publier un rapport pour susciter la positification de la perception de la migration de même que le HCR (Haut commissariat pour les réfugiés) doivent redoubler d'attention et condamner publiquement de tels actes qui sont aux antipodes du Droit humanitaire international et des Conventions des Nations Unies sur les droits de l'Homme.

Cependant, faudrait -il le rappeler nous devons être nos propres Lumières mes Frères et Sœurs... ainsi, les autres, qui ne sont autres que nous, nous respecteront et ne joueront plus avec notre sang aussi rouge que le leur, comme ils n'osent plus verser un certain sang d'une certaine Communauté bien soudée.

L'Unité fait la force

Voici, par exemple, pourquoi nous devons nous organiser. Mercredi, l'artiste planétaire, Johnny Hallyday est obligé suite à l'indignation de la Communauté des homosexuels à s'excuser par écrit après avoir prononcé ces mots: "Alain Delon c'est un vrai mec de toute façon. Je ne pense pas être un pédé non plus, hein?". Il répondait à la question de Michel Denisot : «Qui est le plus vrai mec, Johnny Hallyday ou Alain Delon?». Cette réponse ayant enflammé la communauté des gays sur internet, le chanteur français qui dit n'avoir visé personne est quand même contraint de s'excuser. Et que peut-on attendre à la suite des assassinats ou meurtres perpétrés contre les Noirs ici et là ?

Depuis, Cape Town, Afrique du Sud, Samba Alassane Thiam Président du Mouvement  Jambar nous a fait parvenir un communiqué dans lequel son mouvement se dit  « choqué par la recrudescence des crimes racistes en Europe et présente ses sincères condoléances aux parents et aux amis des disparus, aux compatriotes sénégalais établis à Florence, Italie ». Par ailleurs le mouvement Jambar « condamne fermement les extrémismes, et notamment les activités politiques des cercles rétrogrades légalement constitués, qui renseignent sur la vivacité de l'esprit suprématiste dans les sociétés européennes. ». Le mouvement note qu'au niveau des États, nos gouvernants se sont rendus complices du durcissement des politiques d'immigration à l'endroit des communautés africaines sans aucune mesure de réciprocité. Rapportées à la dimension humaine, la crise financière qui secoue l'Europe et la remontée de ces partis d'extrême droite, qui associent en période pré-électorale l'insécurité civile avec l'immigration, ont terminé de saboter la cohabitation et d'encourager la recrudescence des thèses politiques rétrogrades.  Au-delà des excuses publiques dont on peut le moins attendre du Gouvernement italien, Samba Alassane Thiam « invite le ministère des Sénégalais de l'Extérieur à poursuivre « Casa Pound », association d'extrême droite italienne dont un membre, décoré et fêté, a assassiné nos compatriotes. »

L'absence de la presse africaine

Cet assassinat des Sénégalais ne fait pas la Une ailleurs qu'en Italie et même! Et en Afrique, combien de journaux en ont parlé? Imaginez-vous un instant si c'était un Noir d'Afrique qui avait commis un tel crime odieux ? Ou si celui qu'on a fini d'appeler un fou pour dédouaner encore une fois les racistes de leurs actes imbéciles avait tiré sur un fils de ministre, d'un Chef d'Etat africais sur un imam ou sur un jeune étudiant Juif ?

Nous devons être nos propres Lumières !!!! Je me rappellerai toujours de cette phrase que me confia six mois avant sa mort, à Genève, le Doyen des artistes africains Sembène Ousmane qui dans un entretien que j'ai publié disait aimer la  musique des rappeurs. Il avait de la vision et il était un homme libre et d'actions. Ce dont nous devons méditer profondément.

 

Photo/ AFP. Les corps des sénégalais criblés de balles et gisant à terre!

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, journaliste accrédité à l’ONU, directeur de publication du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

Contact/ 0041-76-203-61-62

Email/ g.ndoye@continentpremier.com

28/08/2011

REED BRODY, HUMAN RIGHTS WATCH SUR L’AFFAIRE HABRE: « Le Sénégal doit agir à la hauteur de sa tradition d'Etat respectueux du droit international et des droits humains.»

ReedBrodyrHRW1.JPGGENEVE- Revenu, récemment, du Tchad et au lendemain de la décision du Président Wade de  renvoyer le Président Habré dans ce pays qui demandait le jugement ou l'extradition de l'ancien Chef de l'Etat tchadien en exil au Sénégal, Reed Brody de Human Right Watch qui fait du jugement du Président Habré la priorité de ses priorités jusqu'à refuser un poste aux Nations-Unies se dit prêt si le Sénégal ne respecte pas son engagement envers la Communauté internationale ( juger Habré au Sénégal ou l'extrader), de présenter un Plan C. Etat des lieux avec celui que des média occidentaux appellent « Le chasseur de dictateurs »

ContinentPremier.Com : Avez vous discuté du cas Habré avec le gouvernement Tchadien et peut on savoir les contours de votre voyage au Tchad ?

Avant  que je ne me rende au Tchad,  le gouvernement tchadien avait déjà  adopté cette démarche très responsable de demander l'extradition de Hissène Habré vers la Belgique.  A N'Djaména, j'ai effectivement été reçu par le Premier Ministre et le Ministre des Droits de l'Homme, et j'ai rencontré les victimes et les différentes ONG impliquées. Nous avons discuté de l'importance que cette prise de position soit rendue publique, ce que le gouvernement a fait après consultation  avec l'Union africaine. En effet,  le Tchad est certainement l'État qui a la meilleure légitimité pour appuyer cette solution et exprimer les attentes de la société tchadienne.

Pensez-vous,  enfin, que le Sénégal va juger Habré ou l'extrader vers la Belgique?

Un jugement au Sénégal était préférable, mais nous savons maintenant qu'il n'aura pas lieu. Le gouvernement sénégalais l'a fait savoir de façon non équivoque. Désormais, le Sénégal est donc tenu d'extrader Hissène Habré. En effet, en tant qu'État partie à la Convention des Nations Unies contre la torture,  à défaut de juger Habré lui-même, le Sénégal est tenu de l'extrader. Le Comité des Nations Unies contre la Torture a d'ailleurs déjà condamné le Sénégal pour son inertie en 2006.

Concrètement qu'attendez-vous du Sénégal ?

Le Sénégal doit agir à la hauteur de sa tradition d'Etat respectueux du droit international et des droits humains. La Belgique a les moyens d'organiser un procès équitable et ce, dans les meilleurs délais.  En effet, un juge belge et des officiers, de la police judiciaire, spécialisés dans l'enquête des crimes contre l'humanité, ont préparé le dossier pendant plus de quatre ans. Ils se sont rendus au Tchad, ont interrogé des témoins, visité les centres de détention et d'anciens charniers du régime et ont saisi des copies de milliers de documents des archives de la police politique de Hissène Habré, dont des listes quotidiennes de prisonniers et de personnes mortes en détention. De plus, Bruxelles a la capacité d'accueillir les victimes et les autres représentants de la société civile tchadienne et surtout de garantir l'accessibilité de ce procès aux tchadiens.

Y a-t- il alors un « plan C » si Habré n'était ni jugé au Sénégal ni extradé en Belgique?

Je n'envisage pas un seul instant que Hissène Habré ne soit pas jugé, c'est seulement le temps qui joue contre les victimes qui luttent depuis 20 ans pour que justice leur soit rendue. De nombreux survivants sont déjà décédés, mais depuis que je me bats à leurs côtés, j'ai eu le temps d'apprécier leur courage et leur détermination. Dés lors, si l'extradition vers la Belgique est à nouveau bloquée par le Sénégal, nous présenterons  un plan C.

Votre organisation, avec le recul, pense-t-elle avoir fait avancer ou retarder le procès tant attendu de Habré?

Les victimes ont déclenché la procédure judiciaire contre M. Habré en 2000, alors que ce dernier jouissait d'une immunité totale depuis sa chute du pouvoir en 1990.  Avec d'autres militants - de l'Association Tchadienne pour la Promotion des Droits de l'Homme, de la RADDHO, de la FIDH etc, Human Rights Watch a soutenu les victimes dans cette démarche, et les suivantes,  ainsi que dans l'investigation des crimes commis pendant la dictature. De nouveau, quand les juridictions sénégalaises se sont déclarées incompétents en 2001, l'impunité de Habré aurait été consacrée si les victimes n'avaient pas été accueillies par la Belgique. Et ainsi de suite. En réalité, ce qui a retardé le procès ces dix dernières années, ce sont les manœuvres dilatoires employées par le gouvernement sénégalais. Ce que nous avons fait, c'est aider les victimes à surmonter les différents obstacles qui ont été dressés sur leur route et qui ont  transformé ce dossier en un véritable imbroglio politico-judiciaire.

Propos recueillis par El Hadji Gorgui Wade Ndoye (ContinentPremier.Com)

 

 

 

05:34 Publié dans Nations Unies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hissène habré, reed brody, abdoulaye wade, tchad, sénégal, belgique, hrw, 2011 human rights watch, extradition | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye