30/01/2013

ISRAËL DÉFIE LES NATIONS UNIES : LE CONSEIL DES DROITS ESQUIVE ET TEND LA PERCHE A L'ETAT HÉBREU.

Du jamais vu dans l'histoire du Conseil des droits de l'Homme, à Genève, créé en 2006 en remplacement de la Commission qui était devenue moribonde. En effet, attendu, hier, pour présenter, comme l'ensemble des Etats du monde, son rapport périodique universel (EPU), Israël s'est absenté. Les occidentaux comprennent son attitude, d'autres s'interrogent sur sa singularité. Finalement, un texte proposé par le Président du Conseil a été adopté par consensus donnant ainsi un délai au Gouvernement israélien, au plus tard en octobre-novembre prochain.

 GENEVE- C'est par un appel téléphonique, le 14 janvier dernier, que l'Ambassadeur d'Israël auprès des Nations-Unis, a informé son homologue polonais, Remigiusz A. Henczel, Président du Conseil des droits de l'Homme, de surseoir à la présentation de son rapport qui devait avoir lieu hier. Depuis lors, plus rien! Entre temps la Communauté internationale s'es souvenue de la Shoah en solidarité avec toutes les victimes juives du nazisme hitlérien avec sa détestable et inhumaine holocauste. Mais Israël, en se faisant passer pour l'enfant terrible du concert des Nations Unies en refusant de se présenter à la présentation de son examen périodique universel, a secoué cette même communauté internationale qui se bat pour la paix universelle, l'alliance des civilisations et l'ancrage des droits humains dont le non respect perturbe l'équilibre du monde.

C'est donc, une drôle de scène qui a eu lieu, le mardi 29 janvier 2013 aux Nations Unies à Genève. Le Conseil des Droits de l'Homme avec son mécanisme ( EPU) considéré comme le plus démocratique de cet organe venait de subir une douche froide. Rappelons que la première phase de l'Examen périodique universel institué en 2006 a connu un grand succès avec son universalisme. C'est un exercice auquel tous les pays sont soumis même le Mali en guerre est venu la semaine dernière présenter son rapport. Israël donne ainsi l'image d'un pays qui ne veut pas rendre compte de ses actes !

Pour sauver l'image du Conseil, l'Ambassadeur Remigiusz A. Henczel de Pologne qui ne devait pas être tout à fait à l'aise, avait proposé un texte pour ramener Israël au sein de la famille des droits humains. Il s'agit clairement de garder le caractère universel du mécanisme de revue par les pairs en matière de record d'application et de respect des droits humains. Ainsi, les 47 Etats-membres du Conseil des Droits de l'Homme ont finalement trouvé un consensus en adoptant le texte du Polonais. Un délai est donné à Israël afin qu'il présente au plus tard en octobre-novembre prochain son Rapport national dans le cadre de la 17ème session de l'EPU. Par ailleurs le Conseil demande à Israël de lui donner des informations sur les dispositions prises dans ce sens lors des 22ème et 23ème session du Conseil des droits de l'homme programmées respectivement en février-mars et mai-juin 2013.

C'est un précédent dénoncé vigoureusement par certains Etats qui ont pris la parole. Notons que l'Union Européenne a soutenu, comme à l'accoutumée, la position d’Israël et des pays arabes, sensibles comme toujours à la cause palestinienne comme le Pakistan ont pour leur part interroger cette attitude singulière! Nous avons essayé de joindre à plusieurs reprises au téléphone la Mission d'Israël qui mène une bonne politique de communication mais apparemment la représentation diplomatique était fermée.

La décision consensuelle du Conseil des droits de l'Homme servira désormais de jurisprudence. A chaque fois qu'un Etat le jugera nécessaire il pourra invoquer le cas Israël.

 

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, Journaliste accrédité à l'ONU, Directeur des publications du Magazine www.ContinentPremier.Com

 

 

17:04 Publié dans Droits humains | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : israel, epu israel 2013, conseil des droits de l'homme, pologne, u.e, pakistan, pays arabe | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

04/12/2011

Eileen Chamberlain Donahoe, Ambassadeur des Etats Unis: " Les Syriens veulent un nouvel ordre politique"

ambassadeurDonahoeEtatsUnis1.jpgLa dix-huitième session extraordinaire du Conseil des Droits de l'Homme, consacrée à «La situation des droits de l'homme en République arabe syrienne à la lumière du rapport de la commission d'enquête», tenue, vendredi dernier, à Genève, a condamné la Syrie pour la poursuite des violations flagrantes, graves et systématiques des droits humains. La délégation américaine conduite par l'Ambassadeur Eileen Chamberlain Donahoe a déclaré que les Syriens ont exprimé « une soif irrépressible pour un nouvel ordre politique dans leur pays.». L'Ambassadeur de Syrie a pour sa part crié de même que la Chine, la Russie, Cuba et l'Equateur à « l'ingérence ».

 GENEVE- (Correspondance) Le Conseil des droits de l'Homme qui s'est réuni de manière extraordinaire pour la troisième fois depuis le début de l'année, a consacré sa session de vendredi à la situation des violations graves des droits humains en Syrie. Il a décidé, dans sa résolution adoptée par 37 voix sur les 47 membres, de créer un mandat de rapporteur spécial pour suivre la situation en Syrie et mettre en oeuvre les recommandations de la commission d'enquête.

Navy Pillay, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme, a souligné, à l'ouverture de la session présidée par Mme Laura Dupuy Lasserre, Ambassadeur d'Uruguay en sa qualité de présidente du Conseil des Droits de l'Homme, que la violente répression visant les civils et les manifestants pacifiques en Syrie n'a pas cessé depuis la présentation de son rapport sur la situation le 22 août dernier. Depuis mars 2011, on estime à plus de 4000 le nombre de personnes tuées et des dizaines de milliers auraient été arrêtées. Plus de 14 000 personnes seraient en détention des suites de la répression des manifestations. La Haut-Commissaire a, ainsi, martelé que les autorités maintiennent une répression qui pourrait conduire le pays à une guerre civile. « Compte tenu de l'incapacité des autorités syriennes à protéger leurs citoyens, la communauté internationale se doit de prendre de toute urgence des mesures efficaces pour protéger la population. », a -t-elle demandé. A la suite des discussions qui ont réuni 101 Etats membres des Nations Unis dont 29 membres du Conseil avec droit de vote, l'appel de la haut commissaire a été entendu par une condamnation de la Syrie.

La résolution a été acceptée par 37 voix (dont celle du Sénégal représenté par l'Ambassadeur Fodé Seck), contre quatre (Russie, Chine, Cuba et Equateur qui considèrent la résolution "unilatérale et politisée", et une forme d'ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat) et six abstentions (Angola, Bangladesh, Cameroun, Inde, Philippines, Ouganda). Le Conseil, endossant les recommandations de la commission internationale d'enquête, transmet son rapport au secrétaire général de l'ONU et à tous les organes pertinents de l'ONU pour qu'ils prennent "les mesures appropriées".

Très sévère envers le régime syrien, l'ambassadrice Donahoe des Etats-Unis qui a organisé à 12 heures 30 un bref entretien avec la presse internationale, pesait ses mots : « la violence doit finir. ». Elle dénonçait la « complicité de l'Etat syrien dans les violations systématiques des droits humains des populations notamment des manifestants pacifiques.». Elle a souligné que des « enfants ont été violés autant que des hommes et des femmes.». Dans une déclaration remise à la presse, le directeur général de l'Unicef Anthony Lake a déclaré que « L'Unicef est gravement troublé par les rapports confirmés faisant état d'attaques violentes contre des enfants. ». Ainsi, il considère que la résolution adoptée, hier soir, par le Conseil 2reflète l'indignation de la communauté internationale devant les plus de 300 enfants tués par les forces gouvernementales en Syrie depuis mars 2011 et les rapports confirmés selon lesquels des sévices odieux, y compris des actes de violence sexuelle, ont été commis sur des enfants dans les lieux de détention.»

L'Ambassadeur Faysal Khabbaz Haboui de la Syrie, intervenant à titre de pays concerné, a « appelé à respecter les principes de la Charte des Nations Unies et à promouvoir le dialogue constructif et la coopération internationale.  Il a rappelé que le mandat du Conseil des droits de l'homme est de promouvoir un dialogue véritable loin de toute sélectivité et de la politique du «deux poids, deux mesures».  En tenant cette réunion, après deux autres consacrées au même thème, le Conseil perd de sa crédibilité sur la scène internationale, a -t-il prédit, sans être suivi.

Malgré son isolement et les crimes qui lui sont reprochés, le Président Bachar Al Assad bénéficie encore de quelques soutiens dans son pays. Saura-t-il prendre toute la mesure de la gravité de l'heure pour éviter de « conduire le pays dans une situation de guerre civile" comme le craint, ouvertement, Navy Pillay.

Photo: Eric Bridiers

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, journaliste sénégalais accrédité aux Nation Unies, directeur du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com