15/06/2012

L’Épée de l'Immortel, Amin Maalouf veut saper le Mur de la Détestation!

 

  • maalouf.jpgImmortel comme Senghor, Amin Maalouf a été reçu ce jeudi 14 juin 2012 à l'Académie française où il a été élu le 23 juin 2011 pour succéder à Claude Lévi-Strauss au fauteuil 29. Levi-Strauss qui rappelle d'éminents intellectuels de Braudel à Foucault, et de Césaire à Sartre. Le Libano-français dit vouloir apporter avec lui à l'Académie tout ce que ses deux patries lui ont donné :" ...mes origines, mes langues, mon accent, mes convictions, mes doutes, et plus que tout peut-être mes rêves d’harmonie, de progrès et de coexistence.". Il veut ainsi ".. saper le mur de la détestation entre Européens et Africains, entre Occident et Islam, entre Juifs et Arabes...".
    El Hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur du magazine panafricain www.ContinentPremier.Com

 

14:16 Publié dans Académie Française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amin maalouf, claude lévi-strauss, senghor, césaire, braudel, foucault, liban, france, islam, judaïsme, juifs, musulmans | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

17/10/2011

Toni Morrison, prix Nobel de la Littérature, Dr honoris causa de l’université de Genève : ‘J’ai découvert Boris Diop, Césaire, Senghor, Achebe, il y a 7 ans !’

MmeMorrisonToniWalf1.jpgL'Université de Genève a honoré, le vendredi 14 octobre 2011, Toni Morrison et Dick Marty en les élevant au grade de Dr Honoris Causa de l'Université, vieille déjà de 450 ans. L'Alma Mater genevois a voulu, au-delà de ses deux personnalités, célébrer leur engagement constant pour le triomphe des droits humains. Interrogée, Mme Toni Morrison dira toute sa joie empreinte de regret d'avoir été en contact avec la littérature noire et africaine au-delà des Etats unis, un peu par hasard, en entrant il y a 7 ans dans une librairie.

GENEVE - L'Université de Genève a refusé du monde en invitant pour son Dies academicus 2011 des personnalités de haute envergure à prononcer un discours d'ouverture. Du jamais vu dans l'Alma Mater genevois, Dick Marty et Toni Morrison ont eu droit à un standing ovation des universitaires après leurs discours sur les droits humains. 'Il y avait de la réflexion, de la beauté et de l'émotion', lance une dame en voyant votre serviteur assis attentivement aux côtés de Mme Morrison ; ce monument de la lutte pour l'émancipation des Noirs qui a su transformer sa belle plume en une arme de destruction massive contre les préjugés raciaux.

Mme Morrison nous révélera sa découverte heureuse de la littérature africaine. Elle parle de cette littérature comme une découverte salvatrice. Mais c'est avec un pincement au cœur : 'On ne nous montrait pas cette littérature. Pourquoi ce sont toujours les autres qui devaient parler au nom des Africains ?'. 'C'est donc avec un tressaillement que j'ai découvert en entrant dans une libraire un rayon destiné à...'. Elle lance un regard à votre serviteur pour que je lui donne les termes en français : 'Littérature africaine', lui dis-je. Et la grande Dame de 80 ans, aussi solide et aussi belle, de nous annoncer : 'C'est ainsi que j'ai découvert Boubacar Boris Diop, Senghor, le Martiniquais Césaire, et Chinua Achebe... Waouh quelle forte plume ! J'ai pu me rendre compte comment tous ces écrivains parlaient de l'Afrique.' Toni Morrison avait déjà dit du bien de l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop qui est une grande fierté pour la diaspora africaine en saluant son livre 'Murambi, le livre des ossements' ; un ouvrage qui parle du génocide au Rwanda, en déclarant, notamment, qu'il était un 'livre important'.

Auparavant lors de son discours après avoir reçu son diplôme des mains du recteur Jean-Dominique Vassalli, la professeure honoraire à l'Université de Princeton et femme engagée pour les droits démocratiques, qui traitait du thème : 'Les droits humains et droits des femmes', a raillé 'ces femmes blanches qui luttaient pour l'émancipation féminine alors qu'elles laissaient derrière elles leurs esclaves femmes et noires'.

Le second récipiendaire du titre de Docteur Honoris Causa décerné par le rectorat Dick Marty, ancien procureur général du Tessin, conseiller aux Etats, membre et ancien président de la Commission des droits de l'homme au Conseil de l'Europe, vice-président de L'Organisation mondiale contre la torture (Omct), a porté sa parole sur la question des droits de l'Homme, 'Entre espoirs et désenchantements : l'éternel retour ? '. Ce Suisse, qui a osé au niveau international ouvrir et conduire des enquêtes audacieuses au nom du Conseil de l'Europe, au sujet, par exemple, des prisons européennes de la Cia ou d'un trafic d'organes au Kosovo, a tenu en haleine le public. On dirait que chaque mot qu'il prononçait sortait de la bouche de tout un chacun. Tant il était dans son élément et avec tant d'injustices qui secouent notre planète son discours sonnait comme un message de délivrance et d'espoir.

Dick Marty, aussi lecteur de Toni Morrison a exprimé sa profonde joie d'être à ses côtés pour recevoir en même temps qu'elle le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université de Genève.

Auteur: El Hadji Gorgui Wade NDOYE (ContinentPremier.Com)

Source : Walfadjri- Sénégal

Lien de l'article : http://www.walf.sn/culture/suite.php?rub=5&id_art=76004