27/07/2011

Talla Sylla, candidat à la présidentielle de 2012 : « Les Nations Unies ne doivent pas attendre que le sang coule au Sénégal pour réagir »

tallasylla.JPGGENEVE- Présent, à Genève, le 23 juillet,  à la manifestation de protestation contre la  candidature en 2012 du Président Wade, Talla Sylla qui est considéré comme un des martyrs de l’alternance au Sénégal demande au peuple sénégalais de s’inscrire sur les listes électorales et d’éviter « le piège du chaos » dans lequel Abdoulaye Wade qui est « déjà fini » veut installer le pays. Il demande le gel des avoirs présidentiels à l’image de ceux des « dictateurs » et de sa famille. Talla Sylla prend ainsi en témoin les Nations Unies en déposant avec le Mouvement « Notre Sénégal » à la suite d’une manifestation contre la candidature de Me Wade sur la place des Nations, à Genève, précédée du dépôt d’une pétition munie de 10.000 signatures au siège européen de l’ONU.

Vous venez de déposer une pétition contre la candidature de Wade adressée à Ban Kim Moon, Secrétaire général des Nations – Unies, qu’attendez-vous de la Communauté internationale?

Je suis ici devant le palais des Nations Unies avec les Sénégalais pour répondre à la manifestation organisée par le mouvement « Notre Sénégal »,   le Collectif « Galgui » et il y a également « M23 » et d’autres mouvements qui ont lancé le même appel. Nous avons eu à déposer une pétition  qui a été signée par 10.000 sénégalais. Il était important de dire au Secrétaire Général des Nations unies à qui nous avons remis la lettre que si le silence de celui qui doit dénoncer est sinon complice du moins responsable des agissements criminels, l’inertie de celui qui doit sanctionner est au minimum un encouragement.

Que voulez-vous dire plus concrètement ?

Les  Nations Unies qui sont outillées pour savoir ce qui s’est réellement passé dans notre pays doivent anticiper et ne doivent pas attendre que le sang coule. Les Nations Unies ne doivent pas attendre qu’il y ait le chaos. Il faudrait, en amont, que l’ONU prenne des dispositions, qu’elle soit pro active pour aider le peuple sénégalais dans cette quête parce ce peuple est entrain de poser les actes qu’il faut pour reprendre sa souveraineté. Depuis un certain nombre d’années nous assistons à une perte de cette souveraineté. Notre Constitution de notre pays dit, en son article 3, que la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par l’intermédiaire de ses représentants mais aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’attribuer l’exercice de cette souveraineté. En vérité depuis plus de dix ans, les élections sont reportées au Sénégal. Toutes les élections  au Sénégal hormis la présidentielle de 2007 ont été reportées. Il y a eu également par deux fois la prorogation du mandat des députés. Un président de l’Assemblée nationale qui avait un mandat a été balayé par le Président de la République. Le président de la Commission nationale autonome a été poussé à la démission. Ce sont là autant d’actes qui ne sont pas exhaustifs et qui démontrent que ceux qui sont au pouvoir ont confisqué la souveraineté du peuple sénégalais. Alors tout ce qui se passe depuis cette date historique du 23 juin 2011 prouve que le peuple sénégalais a décidé de reprendre la main et de reprendre sa souveraineté.

Vous demandez l’implication de l’ONU mais comment allez-vous faire vous concrètement au sein de l’opposition pour répondre aux Sénégalais qui disent que vous devez vous unir  pour faire partir Maître Wade ?

Vous savez l’unité de l’opposition n’est qu’une modalité pour unir le peuple. Si les organisations d’opposition refusent de s’unir, c’est au peuple qui a le plus intérêt à cette unité de rester uni pour que le Sénégal soit sur les rails. Nous avons pour notre part toujours interpellé ce peuple et nous continuons à l’interpeller. Aujourd’hui il réagit et nous sommes entrain d’assister à une révolution. Au fond la révolution c’est un mouvement qui met en branle d’énormes masses humaines qui prennent en charge leur propre destin. Le Sénégal est en révolution quand au mois de mars dernier, ceux qui sont au pouvoir avaient parlé de coup d’Etat, nous leur avions dit nous allons vous offrir une révolution et ce sera votre pur cauchemar.  Ils sont entrain de vivre une révolution démocratique et c’est à nous hommes politiques d’être modestes et d’être à l’écoute du peuple. Il ne faudrait pas être tenté de récupérer un tel mouvement  et de ne rien faire qui tente de créer la zizanie dans le pays, de ne rien faire qui puisse installer le chaos dans le pays. Wade est fini et puisqu’il est fini, c’est lui qui a intérêt à installer le chaos pour s’en sortir. Nous devons être vigilants et très organisés pour encadrer le processus de son départ. C’est ce qui entrain de se passer. J’espère que nous trouverons les passerelles nécessaires au niveau de la classe politique et citoyenne.

Wade propose d’organiser des élections anticipées qu’en dites-vous ?

La Constitution permet au président de la République de démissionner. Il n’a donc pas besoin de notre avis pour démissionner. Je veux dire que si Abdoulaye Wade démissionne aujourd’hui ou demain on aura une élection présidentielle anticipée quelque soit le contexte. Il n’a qu’à démissionner et n’a pas besoin de nous demander notre avis ni de proposer une élection anticipée.  Pour le reste nous ne pouvons que demander à nos concitoyens d’aller s’inscrire sur les listes électorales. Il faut organiser des journées de mobilisation pour que les gens aillent s’inscrire et retirer les cartes d’identité et d’électeurs et se tenir prêts pour ne pas être surpris. C’est cela notre message.

Cela fait longtemps que vous n’êtes pas au Sénégal, quel message de solidarité envoyez-vous à vos collègues de la politique et au peuple dont une partie manifeste au même moment que vous sur la place de l’Obélisque ?

Cela fait quelques années que j’ai acquis la conviction que la diaspora sénégalaise a un grand rôle à jouer dans les changements à venir. Je suis donc dans une tournée des pays où des Sénégalais sont installés que ce soit en Afrique ou en Europe comme en Amérique ou ailleurs. Je rencontre nos compatriotes avec qui je mène des échanges pour voir comment organiser leur implication dans ce processus que nous avons tous en partage  et qui va nécessairement conduire au renouveau du Sénégal.

Propos recueillis, à Genève, par El hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur de publication du magazine  panafricain en ligne  (ContinentPremier.Com)

17:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : afrique, ban ki moon, chaise cassée, gaal gui, m23, nations unies, notre senegal, senegal, talla sylla | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye