Intéressante Conférence de l'Université ouverte au public, c'est demain aux Bastions.

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Danouta Liberski, CNRS, UNIGE, Hsitoire des religions, Dominique Jaillard, Terres, ReligionsL’Unité d‘histoire et anthropologie des religions de l’Université de Genève et la Maison de l’Histoire et la Société d’histoire des religions de Genève ont le plaisir de vous inviter à la conférence de Danouta Liberski (CNRS). Thème: "Terre souveraine, terres cadastrées : une autre conception de la limite." Date: Mardi 30 avril 2019. Heure: 18h15-19h30 - Lieu: UniBastions, salle B 108

Résumé:

« Alors qu’une privatisation et une concentration sans précédent des terres arables de la planète est en cours, un mouvement parallèle cherche à accélérer le forçage du concept de propriété privée dans les régions du globe où le rapport au sol et à la terre se conçoit selon de toutes autres modalités. Que les raisons soient louables (protéger les petites exploitations paysannes contre la « ruée verte ») ou non (garantir la « sécurité foncière» des acquéreurs institutionnels et privés à grande échelle), cette implantation en terre africaine de concepts issus du Droit occidental rencontre de sérieuses difficultés, dont la moindre n’est pas l’établissement d’un cadastre, voie choisie de façon préférentielle pour « fabriquer de la propriété ». La volonté d’éluder la question du fondement des normes rend raison en partie de l’impasse où sont jetés les tenants de cette voie. Soumises au paradigme gestionnaire, les études expertes sur le foncier manquent à saisir ce qui distingue, à la racine, un régime juridique de propriété privée foncière (qui institue le rapport déterritorialisé de l’homme avec la terre) des régimes rituels du « partage de la terre » sous l’égide d’une Terre souveraine, inappropriable (qui instituent une façon proprement humaine d’habiter). La conception des limites, selon les régimes envisagés, fournit un éclatant exemple de cette discordance. » D. LIberski Danouta Liberski (CNRS) -

A propos de la conférencière

« Je mène des recherches d’anthropologie sociale et religieuse, à partir d’une expérience de terrain
(régulièrement réitérée depuis 1981) auprès des Kasena, agriculteurs sédentaires établis à la frontière du Burkina Faso et du Ghana. Mes principaux travaux s’agencent autour d’un même questionnement fondamental sur une manière remarquable de penser la généalogie à l’articulation du territoire et de la lignée. De façon plus générale, toutes les études que j’ai conduites ont porté sur des pans de vie des communautés villageoises kasena †» leur relation à l’espace, à la terre, au temps, au pouvoir, à la mort de soi et d’autrui, à la reproduction de lignées humaines, à la différence des sexes, au destin, etc. », dont il aurait été vain d’essayer de détacher (pour l’isoler) ce qui, selon nos catégories, relève du domaine du « religieux ». Par le biais de ces études, j’ai tenté tout à la fois d’éclairer la matrice des contraintes qui donnent forme à la vie sociale dans cette « Afrique des villages » qui, quoi qu’on en dise, est toujours le cadre de référence pour une large majorité en Afrique de l’ouest (75% de la population au Burkina est rurale), et de pénétrer la forme de pensée que déploie ce mode spécifique de l’agir qu’est le rite par l’intermédiaire duquel les hommes de ces sociétés conçoivent leur présence au monde. Une forme de pensée à la fois familière et totalement étrange pour un sujet occidental par les lieux même où elle s’exerce, car ces lieux sont pour lui saturés par d’autres discours, d’autres modes de l’agir. » D. Liberski

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