25/01/2016

Bombardements de ses hôpitaux: MSF tape sur la Table !

MSF, YEMEN, AFHANISTAN, HUMANITAIRE, ONU, Raquel Ayora, CIHEFMédecins Sans Frontières ne veut plus entendre parler de condamnations verbales ni voir des larmes de crocodiles versées quand ses hôpitaux sont attaqués, son personnel tué, mettant en péril la vie même des civils que l'organisation humanitaire tente de sauver. Le dernier communiqué de l'organisation concernant les attaques de ses infrastructures sanitaires au Yemen est à la fois un cri du coeur et une révolte contre cette absurdité de s'attaquer aux humanitaires ce qui est du reste une violation flagrante des Conventions de Genève.

En moins de trois mois, quatre structures ou activités médicales soutenues par MSF ont été attaquées, avec, à chaque fois, une escalade dans le niveau de gravité et les conséquences de ces incidents. La première attaque a eu lieu le 26 octobre dernier lorsque des avions de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ont bombardé, à plusieurs reprises, un hôpital situé dans le district de Haydan, province septentrionale de Saada. Peu de temps après, un dispensaire mobile a été bombardé, le 2 décembre, dans le district d'Al Houban, province méridionale de Taiz ; une personne a été tuée et huit autres blessées, dont deux membres de MSF. Enfin, le 10 janvier, l'hôpital de Shiara a été touché par un obus ; six personnes ont été tuées et sept autres ont été blessées, la plupart d'entre eux étaient des membres du personnel médical et des patients. Le 21 janvier, une ambulance MSF a été touchée et son chauffeur tué au cours d’une série de bombardements aériens ayant fait au moins 6 morts et une douzaine de blesses dans le gouvernorat de Saada. MSF attend toujours des explications officielles pour ces trois incidents successifs.

Selon l'organisation médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF), la guerre au Yémen se mène au mépris total des règles les plus élémentaires régissant les conflits armés. Ainsi, trois structures de santé soutenues par l’organisation ont été attaquées au Yémen et au cours des trois derniers mois. « La façon dont le conflit se déroule au Yémen génère d’importantes souffrances pour la population et démontre qu'aucune partie belligérante ne reconnaît, ni ne respecte, le statut protégé des hôpitaux et des installations médicales », déclare Raquel Ayora, directrice des opérations à MSF. « Chaque jour, nous sommes témoins des conséquences dévastatrices que cela occasionne pour la population piégée dans les zones d’affrontements », a -t-elle martelé.

MSF a décidé de demander une enquête indépendante à la Commission internationale humanitaire d'établissement des faits (CIHEF) sur l’attaque du 10 janvier à l'hôpital Shiara. MSF a déjà eu recours à cet organisme suite au bombardement de son hôpital à Kunduz (Afghanistan), par l'armée américaine, mais attend toujours une réponse officielle du gouvernement des États-Unis quant à l'autorisation ou au refus de mener cette investigation. La CIHEF est le seul organisme d'investigation à caractère permanent et doté d'un mandat lui permettant d'enquêter sur d'éventuelles violations du droit humanitaire et en vertu des Conventions de Genève.

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, journaliste accrédité auprès des Nations-Unies, Genève. Directeur des publications du Magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com.

17:40 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

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