30/10/2015

Un message d'espoir pour les femmes

Par Docteur Charles-Henry Rochat. Chirurgien-Urologue. Directeur du programme « fistules » de la Fondation genevoise pour la Formation et la Recherche Médicales (www..gfmer.ch)


L’égalité des genres est un des défis le plus humaniste du 21ème siècle mais il est illusoire d’y parvenir si on ne règle pas les problèmes des atteintes faites à la dignité de la femme: viols comme arme de guerre, mutilations génitales, accouchements désastreux non assistés dont les fistules obstétricales sont l'ultime souffrance des survivantes. 


Les fistules obstétricales (les patientes perdent constamment les urines) et les mutilations génitales représentent des violences faites aux femmes qu'on peut soigner et prévenir, l'ignorer est une honte.

 

Les gouvernements, principalement africains, devraient prendre le leadership pour établir des stratégies afin d’accélérer la prise en charge globale des fistules obstétricales. L’accès aux soins obstétricaux d’urgence, dont la césarienne (déjà gratuite dans plusieurs pays africains) est la clé de voûte de la prévention des fistules et la création de centres de traitement sont un bon exemple d'une stratégie gouvernementale responsable qui devrait être mise en place.

Il est aussi important de continuer à identifier et former ceux qui seront les futurs formateurs dans le Sud et leur donner les moyens financiers et matériels pour qu’ils puissent exercer et enseigner à leur tour ce qu’ils ont appris.

Genève, ville hôte des Organisations Internationales, a un rôle à jouer pour renforcer ce plaidoyer et peut-être faire adopter une résolution des Nations Unies pour prévenir et soigner la fistule obstétricale dans le même esprit que la résolution du 20 décembre 2012 bannissant la pratique de l’excision.

Le soutien de Fondations, de privés, de collectivités locales genevoises et de la Ville de Genève, a permis à la Fondation GFMER (Fondation genevoise pour la Formation et la Recherche médicales) de développer une stratégie globale de prise en charge de femmes atteintes de fistules obstétricales connue sous le nom de "Modèle de Tanguiéta" du nom d'une ville située entre le Bénin et le Burkina Faso où la GFMER oeuvre au sein de l'Hôpital Saint Jean de Dieu. Des centaines de femmes ont retrouvé la dignité après avoir été opérées à Tanguiéta et dans d'autres centres soutenus par la GFMER. 

"Les hommes qui délaissaient souvent leur femme pensant qu’elle était possédée par de mauvais esprits reprennent confiance, accompagnent leur épouse aux consultations. L’espoir est là ! », écrivait le journaliste sénégalais Gorgui Ndoye, le 23 mai dernier pour la Journée Internationale de la fistule obstétricale et cela s’inscrit dans la nécessité de faire prendre conscience de l’importance de ce fléau.

Article publié en Invité par la Tribune de Genève, le 28 octobre 2015.

20:10 Publié dans SANTE | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

26/10/2015

Etudiants du Sud et internationalisation des hautes écoles: entre illusions et espoirs*

hets, claudio bolzman, ibrahima guissé, migration, étudiant, fuite des cerveaux, brain drain, Markus reisle,* C'est le titre d'un livre qui sera dévoilé au public le jeudi 29 octobre 2015 de 17h30 à 20h HETS – Genève (Bâtiment C) Rue Jean-Violette 12bis 1205 Genève. Par ailleurs une table ronde aura lieu à l'occasion sur la même problématique qui réunira autour des auteurs quelques spécialistes dans le domaine migratoire.

17h30- Présentation de l’ouvrage par les auteurs

17h50 - «Brain drain - brain waste: Quelles perspectives pour les étudiant-e-s du Sud en Suisse?»

Table ronde animée par Monica Battaglini, Professeure HES, responsable de la Collection du centre de recherche social, avec la participation de: Claudio Bolzman, Professeur HES et auteur; Ibrahima Guissé ( notre photo), Chercheur HES et auteur; Pierre Moiroud, Chef du Pôle Santé-Social (PSS), Responsable clinique du service psychologique, Université de Genève; Jesusa Ona, Responsable Egalité des chances HES-SO, Genève; Markus Reisle, Chef du Programme Global Migration et Développement de la DDC, Berne.

19h00- Prolongation par une collation conviviale.

www.Continentpremier.Com

 

23:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

23/10/2015

Hommage à Thomas Sankara: Le « Balai citoyen » du Burkina Faso en tournée en Suisse

Thomas Sankara, Balai citoyen, Salle Madeleine, Balai citoyen, Burkina, Jean Ziegler dévoilera ses correspondances épistolaires avec l'ancien Président du Faso lors d'un débat qui sera précédé de la projection du film de Mathieu Cupelin sur le héros africain ensuite suivra un concert avec des artistes du Burkina du Sénégal et de la Suisse.

 

Conférences et concerts dans le Jura et à Genève

 

Ils sont non seulement des stars au Burkina Faso mais aussi des acteurs majeurs des mobilisations ayant conduit à l’insurrection d’octobre 2014 qui a mis fin à 27 ans de règne sans partage du président Compaoré. Les musiciens Samsk Le Jah et Smockey et leurs groupes seront en Suisse les 23 et 24 octobre prochain où ils donneront des conférences et des concerts. Menacés et persécutés lors du coup d’Etat de septembre dernier, ils ont réussi à échapper aux griffes du général Diendéré tout en alimentant la contestation qui a mis fin à ce putsch sanglant, laissant plus d’une dizaine de morts. Dans le Jura et à Genève, les deux chanteurs engagés évoqueront cette actualité et les défis qui attendent le Burkina à l’heure de créer une véritable démocratie, libérée des fléaux du népotisme et du clientélisme encore trop courants en Afrique. L’heure aussi de rendre hommage à l’ancien président Thomas Sankara, idole des jeunes militants Burkinabé, qui a tenté une révolution politique, économique et sociale dans son pays entre 1983 et 1987 avant d’être assassiné (sous la responsabilité, encore une fois, du général Diendéré). Jean Ziegler, qui a connu personnellement Thomas Sankara évoquera sa mémoire à Genève lors de la conférence du 24 octobre. Une table-ronde qui se tiendra sous l’égide du panafricanisme avec la participation du journaliste Sénégalais El Hadji Gorgui Wade NDoye, directeur du magazine panafricain Continent premier, qui modérera les débats. 

 

La section suisse du Balai citoyen sera également créée à cette occasion. 

 

Samsk Le Jah et Smockey seront disponibles pour des interviews, y compris téléphoniques, du 23 au 25 octobre 2015. 

 

Nous vous serions aussi reconnaissants si vous pouviez annoncer l’évènement dans vos colonnes. 

 

Programme:

 

Vendredi 23 octobre : Porrentruy, à 19h (conférence-débat), 21h (concert, avec en invités spécial le groupe du musicien Kara, Sénégalais résidant à Genève et le rappeur sénégalais et activiste Didier Awadi). Aula du collège Thurmann (entrée libre). Restauration africaine sur place. 

 

Samedi 24 octobre, Genève, 15h (projection du film « Capitaine Thomas Sankara », du genevois Christophe Cupelin, 17h (conférence-débat avec la participation de Jean Ziegler(sous réserve)), 21h concert (avec en invités Kara et Didier Awadi également, entrée 15 francs). Restauration africaine sur place.

 

Contact: Christophe Koessler, journaliste

Courriel:  koesslerc@gmail.com

Téléphone: 0041-(0) 77 43 777 86

23:22 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

16/10/2015

Retour en Tunisie après 6 ans d'absence !

Tunisie, 2015 Nobel Paix, Apulee de Madore, Jasmin, Révolution, OCDE2 ans avant la Révolution du Jasmin et quelques jours après l'attribution du Nobel de la Paix aux négociateurs du Dialogue démocratique !

Je ne sais pas quelle Tunisie, je vais trouver. En 2030, ce pays devait avoir le même niveau de développement que les pays de l'OCDE ! La césure historique qu'a donnée la Révolution avec ses balbutiements ses hésitations devrait être vite enjambée, je l'espère. J'ai toujours dit j'avais confiance au génie de ce peuple. Que son espoir légitime se réalise. 

La Tunisie pays aux influences diverses entre l'Orient, l'Occident et l'Afrique. J'aime à apprécier le niveau intellectuel de ses habitants, l'Histoire de ce pays, Hannibale, Djerba la douce avec sa population noire et autochtone, Carthage la romaine, Kairouan la ville sainte où se trouve le tombeau du coiffeur du Prophète PSL ( photo séjour Mai 2009), ses makhroudhs (Oh, j'adore cette pâtisserie), ses écoles bilingues, ses grandes avenues, la propreté ( j'espère c'est toujours le cas) etc... 

Tunisie.jpgDemain la Tunisie qui aurait donné à l’Afrique (Ifrikiya) son nom mais aussi je pense à ce personnage que j’ai rencontré dans mes études en Histoire des Religions à l'Université Genève, l’Africain, le Berbère, l'Algérien, le Romain, Apulée de Madore qui alla à Carthage apprendre la Rhétorique etc…. et vous me dites que l’Afrique n’est pas entrée dans l’Histoire !!!!

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, 

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15/10/2015

Bonne et Heureuse année 1437 /H à la Communauté musulmane !

Le jour de l'an musulman a commencé pour certains, hier, pour d'autres, c'est ce jour même. L'hégire du Prophète Muhammad Paix et Salut de la Mecque à Médine al Mounawara a eu lieu en 622 et cette date marque le début du Calendrier musulman. Notons que le 10ème jour le Achoura, Muhammad avait suggéré aux Musulmans de jeûner en hommage à Moïse, le père du judaïsme.

Oui, Muhammad a demandé à ses fidèles de respecter ce jour-là coïncidant avec l'exil d'Egypte où Dieu Sauva le peuple juif du Pharaon. C'est cela l'Islam que nous connaissons à la quelle nous adhérons ! Alors c'est facile de raconter que les Musulmans veulent tuer les Juifs et vice versa.

Soyons prudents vigilants mais intransigeants quand l'Histoire est falsifiée manipulée par les sophistes et autres politiciens de bas étage qui divisent le monde pour être élus ou pour avoir de l'argent. Après ce message de solidarité d'ensemencement et d'ouverture, je présente l'expression de mes voeux les meilleurs à mes soeurs et frères en Islam.

Qu'Allah le Tout Puissant nous Garde et nous Dirige dans Sa Voie Juste. Amiin !

El Hadji Gorgui Wade NDOYE - ContinentPremier.Com

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13/10/2015

Enfin, il a flotté !

Palestine, drapeau, Nations-Unies, Vatican, indépendanceComme s'il voulait bouder la cérémonie, le drapeau palestinien qui était à l'Honneur aujourd'hui à l' Office des Nations unies à Genève à l'instar de celui du Vatican, faisait grise mine ! Hissé sur le mât, il se laissa aller sans trop de conviction... Les nombreux yeux qui le fixaient ont du le revigorer, l'alléger et le voici flottant sous les applaudissements nourris des fonctionnaires de l'Organisation des Nations unies qui malgré le droit de réserve n'ont pas manqué pour certains de pousser un long hourra ! 

Désormais, la Palestine a son drapeau à Genève. 

Tant de frissons, moi qui ne suis pas né dans les années 60 dites celles des indépendances africaines, j'ai mesuré le temps parcouru par nos peuples pour recouvrir leur souveraineté ! 

Non, aucun pays, aucun peuple, ne mérite de vivre sous la domination. La colonisation est une erreur humaine, une erreur de l'Histoire qui ne doit pas plus se perpétuer. Nulle part ! 

Quand un peuple n'est pas libre, comment peut-on le juger et le mettre devant ses responsabilités ? 

Une Palestine libre est un Etat avec des obligations internationales avec une terre délimitée par des frontières dans lesquelles s'exerce son autorité! C'est cela un Etat ! Israël doit respecter les résolutions des Nations Unies en ce sens là et doit aujourd'hui plus que jamais respecter ses obligations à lui imposer par les Conventions de Genève. Ceci est du droit pur et ne souffre d'aucune forme de posture partisane ou courtisane ! 

Que vive la Paix. Que vivent ensemble dans la Paix et le progrès les deux Etats d'Israël et de Palestine! Que vivent les peuples loin de toute forme de haine! 
Oui, c'est possible. Oui, ce sera le cas car l'Histoire humaine ne peut souffrir éternellement dans l'acceptation de la domination. Nous le savons alors donnons de l'énergie positive à l'Histoire !

 

El hadji Gorgui Wade NDOYE, journaliste directeur du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

Image: Continent Premier

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Le jour où les immigrés européens demanderont l'asile …Par Xavier Collin, Geopolitis.

Xavier Collin, rts, Geopolitis, migration, réfugiés, 2015 Europe, HCR,* Les barbelés, c’était cela le plus effrayant. 

 

Il fallait  éviter que les enfants ne se blessent sur les pointes acérées de ces engins barbares.

Les enfants ! Thomas Martin  n’avait d’yeux que pour eux. L’année précédente, les deux garçons  de 5 et 7 ans avaient perdu leur mère dans un attentat à la voiture piégée. Et depuis le départ en catastrophe de la famille il y a déjà trois mois, suite aux bombardements incessants de leur ville, là-bas, si loin, au nord de la France, il les encourageait, les réconfortait  et  leur promettait  -lui-même y croyait-il encore ?- : « Vous verrez, une fois en Afrique, on sera à l’abri, on pourra demander l’asile, vous retournerez à l’école, on sera heureux, et on finira par oublier la guerre ».

 

La guerre ? Elle avait pris tout le monde par surprise,  en Europe ! Certes, le conflit  était attendu et redouté depuis plus de quatre ans. Mais nul n’avait prévu un tel déferlement de violence  et ce, dans un espace-temps  si court.  Thomas Martin , à l’image de millions d’Européens, avait assisté, médusé, à l’inquiétante montée  des mouvements populistes extrémistes ,  aux prises de pouvoir successives sur le continent  européens de leaders nationalistes haineux eux-mêmes soutenus par des courants religieux intégristes devenus de réelles forces politiques .Une étincelle  -  un attentat particulièrement sanglant -  avait littéralement mis le feu aux poudres. Le conflit, milices autonomes contre armées régulières, avait dégénéré et s’était généralisé. Il avait fallu fuir.

Ces maudits barbelés, c’était la dernière trouvaille du gouvernement de la Libye pour endiguer le flot de ces milliers de réfugiés venus de toute l’Europe  à l’issue d’une  périlleuse traversée nord-sud de la Méditerranée ; ne venait-on pas de publier ce macabre décompte de 3284 Européens morts noyés au cours des seuls six premiers mois de l’année ? Plus de 400 000 candidats  à l’asile avaient été  dénombrés. La Libye avait été la première des « nations d’accueil » à condamner les passeurs français, italiens et belges qui, en toute indécence et impunité, monnayaient  leurs services : 10 000 dollars  pour un passage, tarif adulte ; 5 500 pour les enfants. Les  Libyens, submergés par ce tsunami de réfugiés en lesquels ils ne voulaient considérer que de simples  migrants économiques , s’étaient donc résolu  à acheter à la Hongrie  plus de 300 km de ces barbelés  qu’ils avaient  à présent disposés le long des plages et du littoral africain.

 

Alors oui, il fallait les franchir, ces barbelés, sans que les enfants  ne s’entaillent profondément les mains, les bras et les jambes. Thomas Martin  s’y employa le mieux qu’il put,  sous l’œil des caméras de deux chaines africaines d’info en continu. Les cadreurs filmèrent surtout les enfants, en plein effort, visiblement épuisés.   Les images feraient le tour du monde, c’est sûr.

 

De quoi faire oublier le contexte politique ! L’Algérie, pour sa part, avait annoncé la couleur : elle ne prendrait  plus que des réfugiés français. Suisses  et Belges francophones, à la rigueur. Mais Alger l’avait dit, exprimant tout haut ce que nombre de pays du  Maghreb pensaient tout bas : « La barque est pleine, nous ne pouvons pas, ici, en Afrique, absorber toute la misère humaine ». La Tunisie, pragmatique, avait  d’ores et déjà fixé un quota : 5000 Européens sur les 5 ans à venir.  Pas plus. Le Maroc, dénonçant un évident manquement de ses voisins aux valeurs communes de l’Union Africaine, avait  pris la décision de ne pas renvoyer les « vrais » réfugiés. Pour le moment. Faisant preuve d’un grand sens de l’anticipation, les leaders de l’Union Africaine décidèrent du principe d’un prochain sommet  spécial consacré la question de cette immigration nord-sud. Le communiqué officiel précisa que ce sommet durerait une  demi-journée. 

 

Ce n’était pas là la préoccupation première de Thomas Martin.  Allait-il, oui ou non, pouvoir rester sur le sol africain, avec les enfants ? C’est  alors  que l’employé du Croissant-Rouge  l’interrogea : « Au fait, vous trois,  vous venez d’où ? ». Thomas Martin,  les yeux dans le vague, s’entendit répondre : « D’où venons-nous ? De très loin. Nous venons de Calais.  Vous savez, là-bas, c’était l’enfer ». L’employé secoua la tête. Calais,  ce nom lui disait quelque chose, mais quoi ?

 

* Texte publié dans BILAN.

 

Xavier Collin, journaliste producteur de Geopolitis- RTS- Suisse. 

 

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09/10/2015

Dis donc, à quoi ressemble une vraie Suisse ?

Myriam Blal, Suisse, altérité, suissitude ,  xénophobie, racisme, nationalismeOn a beau avoir le sang, la nationalité, les langues, le lieu de résidence, l’arbre généalogique, les amis, les connaissances géographiques, culturelles et politiques suisses, on doit toujours faire face à la même question :

Tu viens d’où vraiment ? 

Aux yeux de mon interlocuteur, le fait d’être née à Genève, de vivre à Zurich, de parler deux des langues nationales et d’avoir de la famille suisse-allemande pure souche ne suffit pas à répondre à la question.

J’ai beau dire “suisse”, l’interrogatoire continue : “Non, mais sérieusement ?”

La moutarde me monte au nez, mais je reste stoïque : “suisse”. Le vis-à-vis rétorque “Ok, mais pas 100%?!”

Dès que j’articule le fameux “moitié suisse-allemande, moitié tunisienne”, ses yeux s’éclairent “Ah, tunisienne !”. 

Voilà qu’il est content, il a pu me mettre dans une case ! Son regard se fait triomphant et le sourire fier, il m’informe qu’il le savait et que je ne pouvais pas être “complètement suisse” avec cette tête. 

J’ignorais qu’il y avait des degrés établis de “suissitude”, mais comme d’habitude la seconde moitié a balayé la première d’un revers de main comme si c’était elle qui expliquait tout.

Qu’est-ce qui le dérange vraiment dans l’idée que je puisse être juste suisse ?

J’ai entendu cette question aux quatre coins du monde. Je la pardonnais à ceux qui n’avaient jamais vu la Suisse et qui s’imaginaient une terre de montagnes, de neiges éternelles et de “Heidi” gambadant entre les vaches et les brebis. 

J’étais prête à admettre qu’à leurs yeux, je ne correspondais pas au cliché des habitants du pays des montres et du chocolat qu’ils s’étaient construit.

Par contre, venant de quelqu’un qui connait le vrai visage de la Suisse et de sa diversité, ça frise l’impertinence et l’ignorance. Le plus étonnant étant l’insistance des “non-suisses” à vouloir absolument pouvoir me lier à eux sur un niveau étrangement symbolique. 

Lorsque je pose la question inverse : “et pourquoi ne serais-je pas suisse à 100%?” 

Je reçois cette réponse incroyable : 

Tu as l’air exotique ! 

“Exotique” fait référence à quelque chose ou quelqu’un “qui appartient à des pays étrangers et lointains” d’après le Larousse.

Je veux bien que le suisse-allemand puisse sonner “étranger et lointain” aux oreilles de la plupart des romands, il n’en reste pas moins un des symboles forts de la Suisse.

Mais bon, étant donnée que le terme était souvent associé à ma féminitié, je me suis penchée sur le concept de la “femme exotique”. Les images qui vous viennent tout de suite en tête sont probablement celles des tahitiennes des peintures de Gaugin ou autres fantasmes lubriques.

Car l’exotisme n’a pas directement de connotation érotique, pourtant on peut en déceler quelques aspects. Ne serait-ce qu’à travers l’exemple de Joséphine Baker qui était admirer pour son air sauvage, son sourire et ses tenues dévêtues. 

La femme exotique est présentée comme une femme à peine couverte, soumise à l’Homme, souriante et plus proche de la nature. Ce sont des femmes que l’on dit passionnée, hors contrôle et au désir sexuel démesuré.

Alors déjà la nature et moi, ça fait deux et pour le reste, ce sont des aprioris parfaitement insultants!

Mais “exotique” par rapport à qui? 

A la base du processus d’exotisation, on trouve d’abord le besoin de construire une Altérité. Ce besoin se fait surtout sentir après la découverte de nouveaux territoires « sauvages » et «inconnu», mais surtout peuplé d’être humains semblable à «Nous». Ce qui remets en question la définition du «Nous».

Sans vouloir en ajouter une couche, le contexte de tension qu’a amené le 11/9 et toutes ses répercussions depuis, peut être assimilé à une période d’insécurité identitaire qui demande une redéfinition du “nous” similaire, dans une certaine mesure, à celle de l’époque coloniale. 

Mais l’exotisme va plus loin que la simple construction de l’Altérité, elle reconnait l’Autre comme ayant de charmantes différences qui le rendent attractif à «nos» yeux. On regarde alors l’Autre, non plus d’une manière menaçante, mais comme un être «exotique», aux us et coutumes étranges venus d’un territoire lointain. Cette notion d’exotisme garde cette distanciation entre le «Nous» et «Eux», mais elle promeut une vision pittoresque et attractive de l’Autre.

Car un objet exotique n’est pas forcément toujours très loin du point de vue de la distance réelle, mais c’est la distance symbolique qui lui amène cette connotation d’Ailleurs lointain et différent.

Alors qu’est-ce qui me différencie du cliché suisse ? 

Après un rapide sondage dans mon entourage, j’ai pu listé les éléments suivants d’après eu j’ai les cheveux bruns bouclés-ondulés, une couleur de peau légèrement brune, des formes “généreuses”, des yeux noisettes et une démarche chaloupée.

Donc, si on prend ces caractéristiques à rebrousse-poil, on a des suissesses blondes ou rousses, à la peau blanche laiteuse, aux corps dépourvus de formes, aux yeux bleus ou verts et à la démarche coincée. 

Je sais pas vous, mais je connais pas beaucoup de suissesses qui répondent à cette description, ça se rapproche bien plus de l’idée que je me fais des femmes de l’Europe de l’Est. 

Ma foi, il semblerait bien qu’on soit tous “l’exotique” de quelqu’un d’autre…

Et qu’importe mon apparence ou les clichés qui s’en dégagent, je reste une locale de Genève et Zürich, une vraie Suisse, enrichie d’une culture tunisienne dès sa naissance, affamée de découvrir la multitude d’Ailleurs qu’offre la planète et portant avec elle tous les endroits qu’elle a déjà eu l’occasion de connaître. 

Par Myriam Blal, ancienne stagiaire à ContinentPremier.Com, rédactrice du blog :

https://petitgrainde.wordpress.com

-.-

Sources d’inspiration et de réflexions : 

https://www.psychologytoday.com/blog/millennial-media/201...

https://archive-ouverte.unige.ch/unige:3672

http://edl.revues.org/428

http://www.ted.com/talks/taiye_selasi_don_t_ask_where_i_m...

http://www.ted.com/talks/hetain_patel_who_am_i_think_again

http://www.ted.com/talks/pico_iyer_where_is_home

Fléchet A. (2007), « L’exotisme comme objet d’histoire », Hypothèses, pp. 15-26.

Moura J.-M. (1998), « La littérature des lointains : histoire de l’exotisme européen au XXe siècle », Honoré Champion, Paris, pp. 19-40.

Segalen V. (1978), « Essai sur l’exotisme : une esthétique du Divers (notes) », Editions Fata Morgana, Montpellier, pp. 22-29.

Staszak J.-F. (2008), « Qu’est-ce que l’exotisme ? », Le Globe, n°148, pp. 7-30.

Staszak J.-F. (à paraître), « La construction de l’imaginaire occidental de l’Ailleurs et la fabrication des exotica – l’exemple des koi moko maoris », Herniaux D. y Lidon A (dir.), Geografia de los imaginerarios, Barcelon/Mexico, Anthropos/Universidad Autonoma Metropolitana Iztapalapa, pp. 1-40.

Todorov T. (1989), « Nous et les autres : la réflexion française sur la diversité humain », Seuil, Paris, pp. 355-362.

Urbain J.-D. (2002), « L’idiot du voyage », Petite Bibliothèque Payot, Paris, pp. 265-270 et 283-295.

 

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03/10/2015

Philippe Souaille écrit à Morano: "La doyenne des Français est noire. Guyanaise".

Nadine Morano, Philippe Souaille, Guyanne, France, Humanité, race"Chère Madame Morano, avant que le soufflé ne retombe, je voudrais vous rappeler quelques faits qu'apparemment vous ignorez :


La doyenne des Français est noire. Guyanaise. Née dans un pays exploré par les Français dès 1503 et devenue officiellement « France Equinoxiale » en 1604. Plus de 160 ans avant que votre Lorraine natale ne devienne française. Eudoxie Baboul est née, donc, française en 1901. Comme ma défunte grand-mère Lucie qui était lorraine, comme vous. Sauf qu’en 1901, ma grand-mère était allemande, comme presque toute la Lorraine et que les parents de votre mère étaient italiens…

Re-natularisée française en 1918, la Lorraine redevint allemande en 1940. Une date importante, parce que vous êtes en bonne compagnie dans vos propos. Je ne songe pas à l’inculture prétentieuse d'un Collard, pour qui l’Afrique est un pays et de plus « noir » (oubliant les berbères, les boers, les bochimans, les peuples sémites et pas mal de populations intermédiaires au passage, des peuls aux éthiopiens). Non je pense au Grand Charles, qui avait parfois la mémoire courte, ce qui l’incitait à dire des bêtises. Même si c’était en privé, contrairement à vous et qu’il avait l’excuse relative d’être de son temps…

Parce que si la France Libre est devenue ce qu’elle fut, c’est en très grande partie à un Français noir qu’elle le doit, Guyanais lui-aussi et gouverneur du Tchad. Félix Eboué fut le premier administrateur français qui choisit de ranger son administration et les forces dont il disposait au service du Général, qui n’était alors à la tête que d’un quarteron d’officiers réfugiés à Londres. Ce sont les soldats - noirs - de Félix Eboué qui formèrent le gros de la Colonne Leclerc, première force française libre, qui s’empara d’une bonne partie du Sahara entre 40 et 42. Ce sont encore les soldats d’Eboué qui firent le plus gros sacrifice à Bir Hakeim, qui reste le fait d’armes le plus héroïque de la France Libre et permit la victoire d’El Alamein, tournant de la guerre en parallèle de Stalingrad. 

Durant ces années-là, près de 5000 jeunes « noirs » s’échappèrent de Martinique et de Guadeloupe, alors dirigées par des officiers Français « blancs » venus de Métropole et fidèles à Vichy. J’ai connu quelques-uns de leurs survivants et la grande réalisatrice française – et néanmoins noire – Euzhan Palcy leur a consacré un très beau film. Sur de mauvaises pirogues, bravant de méchants courants (quelques-uns se noyèrent), ils gagnèrent la Dominique britannique pour se battre dans les rangs de la France Libre. Ils représentaient 1% de la population des Antilles françaises de l'époque. Au printemps 44, les forces de la France Libre comprenaient environ 50 000 hommes, dont une bonne moitié originaire d’Outre-Mer. Ce qui en laisse à peine 25 000 pour les français « blancs » de Métropole qui étaient alors 40 millions. C’est donc moins de 1 sur mille des Français blancs qui se levèrent pour défendre une certaine idée de la France. 

Je me demande en fait, si malgré vos références actuelles à la Croix de Lorraine, vous auriez été du nombre..."

 

 


Photo: ContinentPremier.Com

Philippe Souaille, journaliste, écrivain, cinéaste Franco Suisse. 

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02/10/2015

Aznavour et le Syrien !

A Genève, le grand artiste et pas moins diplomate Charles Aznavour a sorti une belle phrase : 
« Je suis né sans-patrie et maintenant, à 92 ans, j'en ai trois, la France, l'Arménie et la Suisse », rapporte Guy Mettan, le directeur du Club suisse de la presse . A quelques kilomètres de lui, à Berne, un demandeur d’asile syrien menace de s’immoler ! Oui, s’immoler : « pour quitter la Suisse et rejoindre un autre pays ! », selon la Tribune de Genève repris par Catherine Armand qui y va avec ce commentaire: «QUITTER au plus vite la Suisse, et rallier un autre pays plus favorable. Cela en dit long sur l'attractivité de la Suisse en tant que terre d’accueil ». 

Pendant ce temps des partis politiques, font de la question des réfugiés et des migrants, leur cheval de bataille, en apeurant les populations, pour avoir le pouvoir !

Et dans ma tête qui refuse le pessimisme pour mon ancrage à un humanisme inclusif, me voici pensif et me vient en secours le grand poète et peintre Libanais, l'universel Khalil Gibran traduit en plus de 40 langues: " " La terre est ma patrie, et l'Humanité, ma famille "

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

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«Interdit aux chiens et aux Italiens» : SwissInfo rappelle un pan de notre mémoire collective.

Italiens, immigration, suisse, racisme, rival, piaf, swissinfoLes Italiens en Suisse sont souvent présentés comme un modèle d'intégration réussie. Mais la mémoire des hommes est courte: jusqu'à il y a peu d'années, les Italiens étaient en tête du hit-parade de la xénophobie, comme le rappelle le livre «Des Ritals en terre romande».

«Rital», «Piafs», «Pioums», «Maguttes»... Les surnoms donnés aux émigrants italiens en Suisse romande sont très nombreux. Une émigration qui, comme le démontrent ces noms, a été tout sauf simple. 

«Il y a plusieurs décennies, l’étranger, le vilain corbeau, l’homme au couteau, c’était l’Italien, le Spaghetti, le Piaf, le Tchink, le bouc émissaire responsable de tout ce qui allait mal en Suisse, qui n’avait qu’à bosser et à la boucler», rappelle Raymond Durous en préambule. 

Dans son livre, l'historien vaudois a recueilli les témoignages de 22 émigrés ou fils d'émigrés italiens arrivés en Suisse lors de l'une des trois grandes vagues migratoires: dans la seconde moitié du 19e siècle et après les deux guerres mondiales.

Suite ici:

http://www.swissinfo.ch/fre/-interdit-aux-chiens-et-aux-italiens-/8998380

Par 
Daniele Mariani, swissinfo.ch

(Traduction de l'italien: Olivier Pauchard)

09:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

01/10/2015

Morano: Mme Marine Le Pen n'en veut pas !

"Mme Morano veut faire du buzz (...) Elle s'est pris les pieds dans le buzz", a ironisé la présidente du parti d'extrême droite, Marine Le Pen, sur Europe 1.
Et dire encore que des personnes, à Genève, heureusement sans aucune forme d'impact sur la vie des Genevoises et Genevois qui dans leur grande majorité, plus nuancés, plus ouverts d'esprit, libres et dignes et pas arrogants, ne se complaisent pas à soutenir Morano dans un verbiage magistralement fétide répondant bien à cette clique de l'arrière garde qui n'empêchera l'Histoire de continuer à se faire.
Le monde sera plus juste, plus égalitaire car d'autres sont là et ils sont là pour tout l'Homme qu'ils soient Blancs , Noirs, Musulmans, Juifs, Chrétiens, ou sans confession. 

Des humains libres, dignes, universels ! Qui respirent le respect, et savent ce qu'est l'unité dans la diversité ! 

El Hadji Gorgui Wade NDOYE 

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L'Afrique : un pays !

AFRIQUE, PAYS, GILBERT COLLARD,L'Afrique un PAYS `???? Vous ne rêvez pas !!!! "
 
“Historiquement, la France n’est pas un pays de race noire, pas plus que l’Afrique est un pays de race blanche”. ( Gilbert collard)
 
Oui, c'est un député FN dans un pays qui s'appelle la France. Ce pays mérite t-il cette classe politique?

Et dire que certains défendent ces pauvres gens et s'offusquent qu'on leur rappelle juste des faits historiques sur l'Europe !

Oui, c'est bien fini les temps des fouets mais certains sont nostalgiques ! Tant pis pour elles et eux !

Le monde de demain se fera dans un dialogue dépouillé de toute forme d'arrogance et de paternalisme à deux sous. Et quand on manque d'arguments on insulte et on essaie de dire à autrui ce qu'il est ou n'est pas. Dommage !

Mais je le répète les forces supérieures qui convergent pour ressouder les humains veilleront à ce que notre humanité soit plus égalitaire, plus fraternelle, libre mais surtout JUSTE !

El Hadji Gorgui Wade NDOYE.

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Les populistes se voilent la face: Pourquoi la Tribune de Genève a Raison.

Tribune de Genève, Denis Etienne, Pierre Ruetchi, Alain Jourdan, Hongrie, Islam, Migration, hcr, OIM, Droits, réfugiés, croix rouge, ifcrC'est avec forte émotion et soulagement que j'ai lu l'éditorial de la Tribune de Genève de ce matin du mercredi, 30 septembre 2015, signé Denis Etienne, le red chef adjoint. Car oui, face aux fatras, il faut refuser le festin sans foi du fatalisme. Face au brouhaha d'une certaine manière de faire de la politique, se lever et dire l'Homme, devrait être aussi une lumière à la portée de tous les humanistes dans un monde où tout se précipite jusqu'à nous entraîner, si l'on y prend pas garde, dans des ravins sinueux.

La Suisse a une responsabilité et elle ne peut se débiner. Non, personne n'a dit à Genève qu'elle était la gardienne des Conventions dites de Genève mais l'Histoire de ce canton, comme celle de la Suisse doit beaucoup à un certain humanisme incarné par la première armée humanitaire du monde: la Croix rouge et la Fédération internationale des sociétés de la croix rouge et du croissant rouge.

Mieux, les réfugiés ont des droits humains, j'ai bien dit droit que s'enterrent dans leur arrogance celles et ceux qui n'ont fait que naître dans un pays devenu riche après tant d'années d'incertitudes et parfois de crasse pauvreté : des dames de moins de 56 ans Helvètes jusqu'aux cheveux m'ont raconté qu'elles pouvaient rester 6 jours sans se baigner, sans eau, sans électricité et mangeaient de manière simple. Pour beaucoup, cela ne s'est jamais passé. Ils ont recueilli les raisins de l'opulence sans jamais se poser des questions !

J'ai dit droit car on l'oublie souvent aucune de ses structures humanitaires internationales n'a été créée au départ pour venir en aide ni aux Africains, ni aux Arabes, ni aux Latino américains, mais bien pour aider les Occidentaux notamment les Européens fuyant les affres de la guerre hitlérienne. Que l'on me contredise !

La Tribune a pris une position courageuse sur les migrants et sur les réfugiés à travers ces hauts responsables Pierre Ruetschi et Denis Etienne, bravo à toute l'équipe. Vous avez raison car en plus de ce qui est cité plus haut, aucun des Etats européens qui aujourd'hui parle de droits humains et se met même prêt à envoyer des armes pour tuer afin d'installer la démocratie, leur démocratie, n'est signataire de la Convention internationale pour la protection des migrants et de leur famille. Et nous le savons, votre excellent confrère correspondant au Palais des Nations-Unies, Alain Jourdan, ne me démentira pas : la moitié des migrants morts en Méditerranée ont des familles en Europe.

Si le regroupement familial était facilité, si l'obtention des visas même de courte durée était facilitée, si les droits humains des immigrés étaient respectés, l'océan aurait englouti moins de migrants. Demandez à l'organisation mondiale pour les migrations, demandez au Haut commissariat pour les réfugiés, demandez au Haut commissariat pour les droits de l'Homme.

J'aurais pu y ajouter l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.  Ce qui est le plus triste c'est de voir qu'en Europe, où est né et a sévi un certain Adolphe Hitler, un continent qui se glorifie aussi de ses Lumières qu'on refuse d'accueillir des personnes pour leur religion, pour la couleur de leur peau !

Le cas de la Hongrie est très symptomatique. Voici un pays qui, il n y a pas longtemps- certains parmi vous s'en rappellent certainement- en 1956, donnait à l'Europe près de 200.000 réfugiés qui ont été accueillis les mains ouvertes par vos populations, la Suisse, y incluse et qui aujourd'hui ferme ses portes aux réfugiés, notamment aux Musulmans et en déclarant en plein jour qu'elle est " chrétienne et qu'elle n'accepterait que des chrétiens"!

Et vous avez raison car ce que vous dites est ce que dit la Suisse responsable celle qui parle au reste du monde, osons "civilisé". Et voici ce que la Confédération Helvétique a défendu devant le Conseil des droits de l'Homme en juin dernier: "La Suisse a jugé inacceptable et urgente la situation des migrants en Méditerranée.  Au-delà de la nécessité immédiate de sauver des vies, la Suisse relève la nécessité de lutter contre la perception négative dont sont victimes les migrants au niveau national et aimerait savoir ce qui peut être fait en ce domaine.  D'autre part, la Suisse a demandé comment on pouvait impliquer concrètement le secteur privé sur la question des migrations".  

Lumière, où es tu ? 

El hadji Gorgui Wade Ndoye, Journaliste accrédité auprès des Nations-Unies. Directeur du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

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