11/07/2015

Victoire contre Ebola : N’oublions pas les volontaires de la Croix rouge et du Croissant rouge.

 As Sy, IFCR, Ebola, Genève, OMS, CDC, MSFIls sont les héritiers de cette grande armée humanitaire née sur le champ de bataille de Solférino. Il y a 150 ans ! A leur tête, notre cher Henry Dunant. Ils sont 17 millions de volontaires qui travaillent, vivent et survivent dans les communautés affectées. Leur organisation faitière la Fédération internationale des sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge (IFCR), dont le siège est à Genève, a joué un rôle déterminant dans la lutte contre Ebola.   Cette plateforme commune fédère toutes les sociétés nationales de la Croix rouge de 189 pays.

 

Ebola a tué près de 11.207 personnes depuis mars 2014 plus les 507 décès du personnel sanitaire. La Fédération internationale des sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge (IFCR), a joué un rôle déterminant dans la lutte contre la maladie en étant chargée de la «  Gestion des cadavres ». Elle a  enterré près de 22.800 personnes. A cause de la psychose, des populations sont décédées de maladies qui avaient des symptômes similaires.

«C’est très rare qu'en Santé Publique on se retrouve dans des activités où l'on mesure la capacité, la portée ou bien le succès de ses activités à travers le nombre de personnes qu'on a enterrées», souligne El Hadji As Sy ( notre photo), Secrétaire général de l’IFCR.

Avec Ebola, dans 80% des cas, on ne peut pas ramener les personnes vivantes. Un mort peut être jusqu'à dix fois plus infectieuse qu'un porteur vivant. « Dans cette situation, c'est l'enterrement fait de manière propre qui peut briser la chaine de transmission ». Il a fallu être tout le temps auprès des communautés pour les accompagner à faire face au défi, martèle

M. SY qui n’ignore pas que dans une civilisation où «  Les morts ne sont pas morts », c’est une double peine de ne pouvoir enterrer ses morts. 

En droite ligne de ses principes d'humanité,  l’IFCR,  s'est efforcée de traiter de manière digne et respectueuse les morts pour les accompagner à leur dernière demeure. Grâce aux volontaires, qui provenaient de ces mêmes communautés, partageant les mêmes valeurs et la même langue, l’IFCR a obtenu la confiance pour collaborer avec , l’OMS, MSF, les CDC américains (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies), avec les leaders communautaires, religieux ou politiques. Il y avait eu tellement de malentendus et d'incompréhensions, qu'il fallait réconcilier et même traiter et guérir des relations sociales au-delà de traiter et guérir la maladie. Les comportements sanitaires étant dépendants de comportements individuels et d'attitudes collectives, un système de santé viable, passe forcément par un système communautaire renforcé.

 Certes, aussi longtemps qu'on n'aura pas atteint "zéro" en nombre de cas, "zéro" en nombre d'infections et "zéro" en nombre de personnes décédées qu'on doit enterrer de manière digne, on ne peut pas encore dire de manière sereine qu'on est sorti de l'épidémie et de cette crise. Comme l’atteste le nouveau cas au Liberia !

 

La réduction des risques, cheval de bataille de l’IFCR qui consiste à prévenir les crises doit être renforcée. D’où l’approche "Coalition pour la Résilience", consistant à travailler avec les communautés pour prévenir les chocs et atténuer leur impact. Etablir donc des ponts entre les aspects de développement et les aspects d'urgence humanitaire. Peut-on accepter que tout choc naturel devienne une catastrophe naturelle ? 

 

El Hadji Gorgui Wade NDOYE, Journaliste accrédité à l’ONU. Directeur des publications du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

 

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