01/06/2015

: Les mourides offrent l’Islam soufi en modèle au reste du monde.

"Mon jihad se fait par le savoir et la crainte d'Allah. Eduquer les âmes, c'est fabriquer une nation." Serigne Touba Mbacké.

Mame Mor Mbacké, Soufisme, mouridisme, islam, djihad, terrorisme, sénégal, suisse, genèveA l’heure où le monde islamique est interpellé par un contexte international marqué en Afrique de l’Ouest par la présence de terroristes comme le groupe Boko Haram dits djihadistes musulmans, au Mali et au Nigéria, la présence de Serigne Mame Mor Mbacké, personnalité d’envergure internationale,  dans la Genève Internationale, est saluée par l’Ambassadeur Bassirou Sène comme une voix porteuse et utile pour une meilleure connaissance de cet Islam pacifiste pratiqué par 95% de Sénégalais. 

(GENEVE-SUISSE)- «Le pacifisme doctrinal d'un grand Soufi africain du 19ème siècle ou quand l'Islam confrérique soufi devient un facteur de paix et de développement au Sénégal". Tel est le thème plus qu'actuel de la grande conférence organisée, hier, samedi 30 mai 2015, à l’Université de Genève, par la communauté Mouride. Cette rencontre a lieu à l'occasion de la visite qu'effectue Serigne Mame Mor Mbacke en Suisse du 29 au 31 mai 2015.

Le conférencier Muhamed Galaye NDIAYE , Professeur de Théologie et de philosophie, de l'Académie Européenne de la Culture et des Sciences Islamiques de Bruxelles, auteur d’un ouvrage en arabe consacré au fondateur du Mouridisme a mis en exergue aussi bien la doctrine économique que le pacifisme anti-jihad armé du Mouridisme. 


Dans cette vidéo extraite de sa conférence, dans une salle remplie, M. Ndiaye démontre que les marabouts sénégalais qui ont fait de la résistance culturelle et non armée face aux colons ont aujourd’hui, au Sénégal, plus de disciples que ceux qui ont utilisé les armes. Il explique que Mame Bamba et El Hadji Malick Sy par exemple ont réussi à élargir le cercle de leur enseignement en faisant preuve de pédagogie : le savoir et l’amour du prochain. Ce qui fait qu’ils ont conquis les cœurs des populations ! Le colonialisme est défait et l’Islam demeure plus que jamais une valeur sûre et vivante au Sénégal.

Prenant la parole à la suite du conférencier, Bassirou Sène, Ambassadeur du Sénégal auprès des Nations Unies et de la Confédération Helvétique a magnifié la présence de Serigne Mame Mor Mbacké qui contribue à l’éveil spirituel et à l’ouverture d’esprit des Sénégalais suivant ainsi, les traces de Serigne Touba qui est un des piliers du développement du Sénégal et de l’Islam bien compris. L’Ambassadeur Sène a salué l’exemplarité de l’enseignement des grands soufis sénégalais qui ont permis d’éviter à ce pays l’avènement de groupes comme Boko Haram dont des leaders demandent aux combattants de tuer des femmes, de violer des filles après avoir ordonné à ceux là de tuer leurs parents. Est-ce cela l’Islam s’est il interrogé de manière emphatique !

Mame Mor Mbacké a pour sa part exhorté les Mourides à persévérer dans la voie de Khadimoul Rassoul (Ndlr Serviteur du Prophète PSL autre nom de Serigne Touba). Le marabout a par ailleurs mis en garde ceux qui se servent du titre de guide et ignorent tout de la responsabilité de cette stature. Il dira que ni Mame Bamba ni Malick Sy ne se glorifiaient d’avoir un nombre important ou pas d’adeptes. C’est une responsabilité lourde, a-t-il souligné, avant de dire si un marabout est incapable de vous guider dans la voie de Dieu, détournez-vous de lui. Il fera par ailleurs l’éloge du multilinguisme dans l’enseignement pour éviter ou atténuer l’acculturation des élites. Il est d’avis qu’on peut enseigner la médecine, les mathématiques en wolof etc car soutient-il dans un monde de technologie avancée, nous devons avoir des populations informées et éduquées dans leur propre langue tout en leur donnant la possibilité de s’ouvrir au reste du monde. Son exemple : un médecin japonais travaille en japonais, l’espagnol dans sa langue. Pourquoi pas la médecine dans nos langues nationales ?  Le responsable de l’Université Serigne Touba dont l’UNESCO s’intéresse au modèle, devant un public d’intellectuels acquis femmes et hommes, a prié pour le Sénégal.

Notons que le mouridisme, cette voie mystique sénégalaise devenue une grande confrérie présente dans beaucoup de pays, « est fondé sur un crédo qui considère le Jihad armé comme révolu et qui a réussi tout le long de son histoire à mettre en pratique cette vision de l’Islam, notamment lors d’une longue confrontation de 33 ans entre le Cheikh Ahmadou Bamba son fondateur et l’administration coloniale française », a souligné dans un texte Mourtala Mboup, le responsable du Dahira Mouride de Genève.

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, journaliste accrédité aux Nations-Unies, directeur de www.ContinentPremier.Com

17:11 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Gorgui Ndoye

Commentaires

"Un marabout incapable de vous guider dans la voie de Dieu" interpelle aussi bien musulmans que juifs ou chrétiens parce qu'il est facile de faire intégrer une suggestion, injonction, un commandement, point de vue d'une personne ou d'un pouvoir en place en précisant en fin de parole ou discours: "Parole du Seigneur!" sans forcément possibilité de contrôle ou preuve de l'honnêteté ou "gratuité" (sans parler de possibles pressions, manipulations, chantages variés) de l'orateur, ou prédicateur, représentant d'une hiérarchie ou d'un magistère.

Bien délicat...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 01/06/2015

Les commentaires sont fermés.