03/12/2014

François Hollande répare les erreurs de la France au Sénégal, par Martine Jacot Le Monde.

Hollande, Le Monde, Martine Jacot, Tirailleurs, Sénégal, Oif, Francophonie, Histoire de FranceSur les hauteurs de Dakar, le petit cimetière catholique de Bel-Air a la mémoire longue. S'y déroule pas à pas, sous ses rangées d'acacias, l'histoire de la présence française au Sénégal, depuis la conquête (« Thomas Renault de Saint-Germain, gouverneur du Sénégal, mort le 18 octobre 1833 ») jusqu'à nos jours.

Au milieu d'une multitude de tombes immaculées, l'une tranche par son marbre rouge : celle d'un illustre catholique dans un pays à grande majorité musulmane, le socialiste Léopold Sédar Senghor, qui fut, de 1960 à 1980, le premier président du Sénégal indépendant, mais aussi l'ami indéfectible de la France, au risque de s'aliéner le soutien de ses compatriotes.

Lorsqu'il est mort le 20 décembre 2001 à Vernon, en Normandie, la France lui a rendu hommage, mais aucun haut personnage de l'Etat, ni le président, Jacques Chirac, ni le premier ministre, Lionel Jospin, ne s'était rendu, le 29 décembre, à ses obsèques à Dakar. Les Sénégalais en avaient été profondément blessés. « J'ai honte de la petitesse de la France », s'était écrié, en écho, Erik Orsenna, l'ex-plume de François Mitterrand.

 

« RECONNAISSANCE ET GRATITUDE »


Treize années plus tard, François Hollande, en marge du sommet de la francophonie organisé dans la capitale sénégalaise les 29 et 30 novembre, a réparé cette faute. Il s'est recueilli, samedi, devant la tombe de celui qui fut aussi prisonnier de guerre des Allemands entre 1940 et 1942, en tant que fantassin d'un régiment colonial, ministre du général de Gaulle, grammairien de la Constitution française et membre de l'Académie française.

 

« Au nom de l'ensemble de mes prédécesseurs et du peuple français, il était important que je vienne dire ce que nous avons comme reconnaissance et gratitude à l'égard du président Senghor », a déclaré François Hollande, devant la famille du défunt et aux côtés du nouveau secrétaire d'Etat aux anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, nommé à la suite de la démission de Kader Arif.

 

Précision de l'auteure: Massacre perpétré par l'armée française de Tirailleurs sénégalais à Thiaroye.

Dans son rapport du 5 décembre 1944 sur ce massacre, le général (français) Dagnan indique : «24 tués et 46 blessés transportés à l’hôpital et décédés par la suite», ce qui fait 70 morts, et non pas 35. Les autorités françaises viennent de remettre au Sénégal l'intégralité des archives françaises (numérisées) relatives à ce drame du camp de Thiaroye, près de Dakar, devenu cimetière, doté d'un mémorial érigé en 2006 et d'un musée construit en 2010.", écrit Martine Jacot, journaliste et envoyée spéciale du journal Le Monde au 15ème Sommet de la Francophonie, Dakar - 29-30 novembre 2014.

Suite article ici: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/11/30/francois...

Photo- Crédit ContinentPremier.Com. Légende: Lors du Sommet de Dakar, le Président Hollande bien sollicité a accepté de se faire photographier avec beaucoup de personnes. Ici, avec un haut gradé de l'armée française alors qu'il rejoignait la plénière des chefs d'Etat.

Par Martine Jacot, envoyée du Monde au 15ème Sommet de la Francophonie - Dakar 29-30 novembre 2014.

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