28/09/2012

LOI 1905 EU EGARD A LA LAICITE, LIBERTE D'EXPRESSION, ATTEINTE DU SACRE !

loi 1905,olivier roy,respect mag,laicite,religion,islam,musulmans,chrÉtiens,juifs,atheesOn est actuellement dans une laïcité, de plus en plus crispée, qui se définit comme antireligieuse. Ce n’est pas du tout l’esprit de la loi 1905 qui organise l’exercice du culte dans l’espace public. « Il faut repenser le rapport entre laïcité et religion, comme un rapport d’inclusion et pas d’exclusion», Olivier Roy*, politologue français, éclaire le débat sur la fameuse Loi de 1905!

«La question qui se pose est celle de la cohabitation. On est actuellement dans une laïcité, de plus en plus crispée, qui se définit comme antireligieuse. Ce n’est pas du tout l’esprit de la loi 1905 qui organise l’exercice du culte dans l’espace public. Elle ne rejette pas le culte dans le privé, il s’agit d’une loi de compromis. Aujourd’hui, la définition de la laïcité exclut la religion. On le voit, par exemple, quand Vincent Peillon propose des cours de morale laïque. Dans les années 50, les élèves recevaient un cours de morale. Personne ne pensait qu’il y avait une morale laïque différente de la morale religieuse.

 On est maintenant sur deux registres totalement différents: la laïcité se présente comme une alternative à la religion et pas du tout comme un système de vivre ensemble. Les communautés de foi, devenues minoritaires, se sentent assiégées et importunées par une société totalement sécularisée. Notre sécularisme apparaît comme une sorte d’idéologie antireligieuse. Musulmans, catholiques, juifs, évangélistes américains se plaignent de la même chose. Bien sûr, les réponses sont différentes mais le sentiment d'une attaque délibérée contre le sacré est répandu dans les trois grands courants monothéistes. Il faut repenser le rapport entre laïcité et religion, comme un rapport d’inclusion et pas d’exclusion».

Peut-être que cet éclairage permettra d'élever le débat sur la place de la religion dans nos sociétés dites modernes !

* Propos recueillis par Maral Amiri et Aurélia Blanc pour Respect Mag !

Profil Olivier Roy: 

 

Agrégé de philosophie en 1972, et d'abord professeur dans le secondaire en 1973, Olivier Roy est recruté au CNRS comme chercheur en 1985. Il devient docteur de l'Institut d'études politiques de Paris en sciences politiques en 1996, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS dans l'équipe « Domaine turc ». Il est également chercheur associé au Centre d'études et de recherches internationales (CERI).

Il a notamment analysé, dès 2005, les causes prévisibles du Printemps arabe de 2011, avertissant notamment le ministère français des Affaires étrangères des erreurs d'analyse faites par les gouvernements occidentaux dans leur soutien aux régimes autocratiques arabes, par crainte de dérives islamistes et de l'antiaméricanisme .

Depuis septembre 2009, il est professeur à l'Institut universitaire européen de Florence (Italie), où il dirige le Programme méditerranéen. Olivier Roy mène une réflexion sur les rapports entre le politique et le religieux qui s'attache principalement à l'Islam.

En 2011, Olivier Roy participe à la rencontre Bilderberg, qui regroupe "l'élite auto-proclamée" médiatico-politico-financière de la planète.

Source : Wikipedia

El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur des publications du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

03:54 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : loi 1905, olivier roy, respect mag, laicite, religion, islam, musulmans, chrÉtiens, juifs, athees | | |  Facebook | | | Gorgui Ndoye

Commentaires

Non, cher Monsieur, la laïcité n'est pas "crispée" n'en déplaise à Monsieur Roy. Elle est ce qu'elle a toujours été, la séparation des églises et de l'Etat. Ni plus, ni moins.
Elle n'est ni "anti", ni "pro", elle est indifférente aux religions mais, et c'est fondamental, elle est aussi protectrice du droit individuel de croire ou de ne pas croire en un ou plusieurs dieux et d'être au privilège de la liberté absolue de conscience.
Nul besoin d'invoquer un éventuel "sacré" dont la définition est aussi multiple que les individus le sont, nul besoin de revenir en arrière... au temps où le clerc avait l'emprise sur les lois.
Nul besoin donc de cette morale religieuse à géométrie variable (souvenez-vous de Blaise Pascal: "vérité en-deçà, mensonge au-delà.") pour réguler nos sociétés, heureusement soustraites à l'arbitraire du religieux.
Revenez aux fondamentaux du sens originel, cher Monsieur, jamais la laïcité n'a prétendu être une "alternative à la religion" comme vous semblez le croire.
Il suffit pour s'en convaincre d'étudier en grec ancien le sens des mots qui désignent le "peuple" soient "laos", "ethnos" et "démos". Et, je ne résisste pas à citer la phrase que les chrétiens attribuent à Jésus: "rendez à César ce qui appartient à César et à dieu ce qui appartient à dieu."
Vous devriez admettre que la république se fonde sur l'égalité et le respect mutuel des individus entre eux. Renoncer à la laïcité, c'est à dire à l'égalité de toutes et de tous, ce serait revenir aux temps cruels et obscurs où le "droit à la différence" induisait une "différence de droits". Or, en république, la loi est la même pour toutes et tous sans distinction.
Ce n'est donc plus, et c'est heureux, l'église, le temple, la mosquée ou la synagogue qui trône au milieu du village mais bien la Mairie emblème de la victoire du droit et de l'éthique universels sur la morale.
Avec mes salutations laïques et républicaines,
Pierre Gauthier

Écrit par : pierre gauthier | 29/09/2012

Il est vrai que nombre de croyants imputent à la laïcité ce qui n'est que l'effet de la sécularisation de nos sociétés.

Mais la laïcité n'y peut rien : elle continuera à défendre ce qui forme son essence même, c'est-à-dire la garantie des droits de croire, de ne pas croire ou d'être indifférent.

Et tant pis pour les caricatures que font d'elle ceux qui rêvent de s'en débarrasser.

Écrit par : yves SCHELLER | 30/09/2012

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