07/09/2012

"La lugubre élucubration de M. Millet": Le Clézio dénonce une corruption de la pensée contemporaine.

Jean Marie Gustave Le Clézio, Prix Nobel de la Littérature, multiculturalisme, racisme, xénophobie, Anders Breivik, Norvège, france,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une tribune exclusive, publiée par le Nouvel Observateur, J.M.G. Le Clézio, Prix Nobel de littérature (2008) réagit, à la publication du livre de Richard Millet, «Eloge littéraire d'Anders Breivik».

Le Clézio s'étonne de la banalisation du racisme, du rejet du multiculturalisme, de la propension actuelle de certains intellectuels, notamment en France, à légitimer des actes de xénophobie et de folie comme celui de Breivik sous le couvert de la liberté d'expression. Après avoir avoir présenté le cas Breivik, l'éloge qui a été consacré à ce tueur froid par un auteur-éditeur français Millet, Le Clézio annonce avec force:

«La question du multiculturalisme, qui semble obséder si fort certains de nos politiques et quelques-uns de nos prétendus philosophes, est une question déjà caduque. Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges et de remises en cause. Les mélanges et les flux migratoires existent depuis toujours, ils sont même à l'origine de la race humaine (la seule race). Le multiculturel tel qu'on le nomme en ce moment n'est plus suffisant. Il fabrique des ghettos, isole les cultures et favorise le durcissement de leurs radicalismes.». Le Prix Nobel de la Littérature se pose alors cette question fondamentale: «Si Céline est un génie et un provocateur, est-il suffisant d'être provocateur pour avoir du génie?».

Lire ici l'excellent texte de Le Clézio publié par le Nouvel Observateur:

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120905.OBS1344...


Photo: Merci Olsson -Copyright © Nobel Media AB 2008 

Par El Hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur des publications du magazine panafricain 

www.ContinentPremier.Com

Commentaires

en fait j'ai lu les deux auteurs dans des écrits plus anciens, concernant Millet , je me suis posé la question et si en fait il ne représentait pas une sorte d'anti- Céline dans sa prose provocatrice?
Le monde littéraire aujourd’hui est d'abord un marché avec ses têtes de gondole Lévy Musso etc etc. Millet est aussi un cheval de chez Gallimard, il fait vendre le "produit" ,pour cela il faut du Buzz du spectacle. Décrit comme plutôt de type maniaco-dépressif , il peut constituer un créneau pour la vente.
En fait c'est un peu à l'image de cette plate-forme, dont j'estime qu'il est grand temps d'en imaginer une autre , et c'est ce à quoi je vais tenter de m'atteler dès ma rentrée si j'en ai les moyens.

Écrit par : briand | 06/09/2012

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