02/09/2012

Henri Lopès, Écrivain, Homme politique : "La littérature africaine est une nouvelle fleur dans le jardin de la création littéraire."

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Genève/Québec- Entre le Salon international du Livre et de la Presse à Genève en Suisse où il était invité par les organisateurs pour notamment promouvoir son dernier ouvrage Une enfant de Poto-Poto et le premier Forum mondial de la langue française, à Québec, où il a présenté un grand texte intitulé «Mon credo francophone», l'ambassadeur Henri Lopès a levé un coin du voile sur sa vie d'homme politique et de culture. Sa littérature est elle inspirée des expériences politiques en Afrique, son métissage, la Francophonie, regard sur la littérature africaine d'expression française 50 ans après les indépendances, son viatique à la jeunesse? Henri Lopès s'exprime en toute liberté et avec sagesse. ( Entretiens). 

  Pouvez-vous nous présenter votre dernier livre Une enfant de Poto-Poto, publié cette année chez Gallimard ?

C’est une histoire d’un trio ou la narratrice est une femme et elle a une grande amie Pélagie et elles font connaissance le jour de l’Indépendance du Congo, c’est-à-dire le 15 août 1960 et ces deux personnages nourrissent des relations d’amitiés très fortes et, en même temps, une rivalité autour d’un troisième personnage, qui est peut être un autre personnage central, Franceschini, leur professeur, qui, petit à petit, va devenir aussi leur Pygmalion. Chacune est amoureuse de lui. L’une d’entre elle va l’épouser et toute l’histoire se passe successivement au Congo, en France, aux États-Unis, où l’une d’entre elle va s’installer, et devenir elle-même écrivain.

D'où vient le titre Une enfant de Poto-Poto ?

Parce que Poto-Poto est un quartier particulier de Brazzaville, connu d’une part pour son ambiance joyeuse, festive. C’est là où l’on trouvait, dans les années 50, 60, 70, les bars les plus à la mode où l’on jouait les nouvelles rumbas. Poto-Poto c’est aussi une culture parce que parmi les quartiers qu’on appelait, à l’époque coloniale, «indigène», c’était le plus cosmopolitique. Alors que le quartier Bakongo, au sud de Brazzaville, était, lui, ethniquement plus homogène. Poto-Poto est le quartier où on trouve toutes les tribus du Congo et où vivent également les autres Africains, en provenance notamment du Sénégal, du Mali, de la Mauritanie et qui sont devenus des Congolais. Quand quelqu’un dit je suis un enfant de Poto-Poto, il veut dire qu’il a côtoyé des gens d’origines diverses et qu’il n’est pas marqué par des préjugés tribaux; qu’il a une vision beaucoup plus cosmopolitique.

Vous êtes vous-même un métis culturel, mais qui êtes vous réellement Henri Lopès?

Moi-même je ne sais pas qui je suis réellement. J’écris pour le savoir. Le saurai-je vraiment un jour? Êtes-vous sûr, vous-même, de qui vous êtes? Si Socrate a déclaré «Connais-toi toi-même» c’est que c’est la chose la plus difficile. C’est une discipline, une méthode, une attitude intellectuelle que de parvenir à sa propre connaissance.

Mais pour ne pas être très trouble je dirai que moi-même je suis fils de métis. Je suis un métis issu de deux métissages. Mon père est fils d’un Belge et d’une Congolaise de Kinshasa et ma mère était une métisse d’un Français et d’une Congolaise de l’ethnie des Bagangoulous. Ma grand-mère était un personnage d’une forte personnalité. Lorsque je m’entretenais, en lingala, avec elle, une analphabète, j’avais l’impression d’avoir en face de moi Socrate et moi de devenir un analphabète.

Et Le Pleurer rire (Présence africaine, 1982), qui vous a fait le plus connaître, est-ce une réalité vécue ou le fruit de l’imagination créatrice de l’écrivain que vous êtes ?

C’est la question que l’on pose souvent à l’écrivain. Je pourrai me réfugier derrière la fameuse formule de Flaubert: « Mme Bovary c’est moi ». Un créateur part de la réalité. Mais s’il n’en reste qu’à la réalité, il ne crée pas un roman. Il fait un reportage. L’écrivain se réserve une dose de liberté et fait jouer son imaginaire, sa fantaisie. L’essentiel n’est pas de savoir s’il copie bien la réalité mais d’apprécier sa recréation, sa transfiguration de la réalité. Tout est permis à l’écrivain pourvu que son œuvre soit bâtie autour d’une logique interne.

Quel est votre regard sur la présence de la Littérature africaine dans le monde?

La littérature africaine est à tout fait récente. Je me suis amusé à faire un chronogramme: on pourrait poser par exemple que le 1er janvier du roman c’est la Princesse de Clèves et qu’aujourd’hui nous serions le 31 décembre. Un tel chronogramme nous montrerait que la littérature africaine commence dans la deuxième quinzaine de décembre.

C’est dire que nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour évaluer sainement la littérature africaine. En effet à l’exception des écrivains du Maghreb et du Machrek, qui appartiennent à une civilisation écrite, nous sommes nous de traditions orales. Nos langues ont été, tout au plus, transcrites. Il faut donc se garder de porter des jugements hâtifs sur la littérature africaine. La littérature africaine intéresse le monde entier parce qu’elle est neuve. Riche de mille potentialités. La littérature africaine se révèle aujourd’hui originale par ses thèmes, son environnement, ses cultures, longtemps ignorés, ou méconnus. En même temps c’est une littérature qui nous parle d’hommes et de femmes qui ont un cœur, des sentiments, une âme et des esprits communs à l’espèce humaine. La littérature africaine est une nouvelle fleur dans le jardin de la création littéraire. Or, les fleurs ont des couleurs, des odeurs, des parfums différents. Par ailleurs toutes les fleurs ne poussent pas à la même époque, à la même saison. On peut dire donc que la littérature africaine est dans un moment de grand bouillonnement. Lorsque j’étais étudiant, j’ai découvert moi-même la littérature africaine à traversl’Anthologie de la Poésie Nègre et Malgache de Senghor. Je me donnais alors la discipline de lire toute la production littérature africaine qui paraissait. J’avais peu de grains à moudre. Aujourd’hui il est impossible de lire tout ce qui se produit en Afrique. La littérature africaine est vaste, de qualité variable, comme toutes les littératures, mais elle a le mérite d’exister. On sent qu’il y a quelque chose.

Vous êtes ici à Québec invité de l'OIF, êtes - vous candidat pour le poste de Secrétaire général de la Francophonie?

Non. Il faut être réaliste. Cette année, je vais avoir 75 ans. J’atteins un âge vénérable. Or, être Secrétaire général de la Francophonie, c’est être capable d’un grand dynamisme car il y a beaucoup de travail, on voyage beaucoup, on doit animer, dynamiser des structures… Je peux contribuer d’une autre manière à la réflexion sur la francophonie et à sa vie.

Quel pourrait être votre message à la jeunesse africaine au vu de votre longue carrière politique et d’auteur ?

Je n’ai pas fait de carrière politique, j’ai fait un parcours politique. Je n’ai jamais voulu être un animal politique. J’ai été conduit à la politique parce que j’appartenais à la génération qui est arrivée à la majorité civique en même temps que l’Indépendance de nos pays. J’ai tout naturellement pensé qu’il était de mon devoir de contribuer, de participer à la construction nationale de mon pays. Ce faisant, j’ai sans doute fait des choses intéressantes mais j’ai également commis des erreurs. Ce dont je suis sûr c’est d’avoir toujours été honnête, même quand je me trompais. C’est surtout mon travail littéraire que je voudrais qu’on retienne.

Article publié dans ContinentPremier.Com et Walfadjri-Sénégal

Lien: http://continentpremier.com/?magazine=65&article=1846

Propos recueillis par El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur des publications du magazine panafricain en ligne   Www.ContinentPremier.Com

12:31 | Lien permanent | Commentaires (17) | | |  Facebook | | | Gorgui Ndoye

Commentaires

Bon dimanche à Gorgui la censure, vous vous êtes dévoilé et de ce fait, situé!....

Écrit par : Pierre NOËL | 02/09/2012

Il y a des perles merveilleuses dans cet entretien, qui touchent tant à la littérature qu'à l'ethnologie, à la politique ou à la sagesse.
Toutes mes félicitations tant à l'écrivain qu'au journaliste!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02/09/2012

Merci bien Marie France de Meuron.

Pierre Noel; non pas du tout j'ai laissé 4 jours durant des personnes adultes s'amuser sur ma plateforme en insultant qui elles voulaient en insinuant des lâchetés bêtement inutiles.

Vous avez été l'un des rares à rester sur le thème.

C'est vrai à chaque fois qu'il s'agit d'Israel, des individus profitent pour mettre des insignes à ceux qui ont le courage et la noblesse de faire correctement leur travail.

Ce billet n'est qu'une reprise de propos de Monsieur Heyns sur le cas du procès Rachel Corrie ( le texte est entièrement en anglais comme la plupart des docs à l'ONU).

Alors le monde entier est anti Israel, anti Juifs, etc... Il faut arrêter. Pour moi, cela n'a aucun sens et je ne vais point m'incliner devant des anonymous pour me justifier d'avoir fait mon travail ! Okay.

Alors que celles et ceux qui veulent débiter des proses d'insanités sur tout ce qui ne leur ressemble pas, ouvrent leurs blogs et y mettent ce qu'ils savent faire : juger et insulter mais pas sur ma plateforme.

Merci Pierre Noel et j'espère avoir été bien clair!

Écrit par : Gorgui NDOYE | 02/09/2012

Merci Gorgui, votre réponse me satisfait.

Bonne continuation.

Écrit par : Pierre NOËL | 02/09/2012

Calendula qui que vous soyez vous êtes le cerveau gauche de C... ainsi qu'une plante médicinale produite par le même Corto alias Maurice Jaccard chez TEVA entreprise à capital Israélien ce qui explique sa hargne à défendre son bout de gras.
Sa pathologie compulsive le pousse à insulter à peu près tous ses interlocuteurs amis "il ne doit pas y en avoir beaucoup ou ennemis.
Il a déjà pas mal bombardé le plateau du Golan à l'aide de son Joystick , ses références constantes à la pédophilie me font penser que le bougre utilise aussi l'objet comme sex- toy.
A bientôt Calendula peut-être avec la référence télévisuelle qui vous fera connaitre la face non cachée de votre ami

Écrit par : briand | 02/09/2012

@briand,

Votre prose est trop compliquée pour moi ! Je n'y comprends rien.
Je sais que vous rêvez d'être pigiste au "Canard Enchaîné". Comme je ne suis pas francophone d'origine, je suis vraiment larguée. Il y a des sous-entendus trop subtils pour moi.

Comment vous dire que je réclame d'avoir une existence propre, en dehors de toute référence à "Corto".
Est-ce que " le cerveau gauche" est à prendre comme un compliment ?
J'ai besoin de sous-titres !

Pour en venir au sujet du billet ci-dessus : est-ce que quelqu'un l'a lu ??

Écrit par : Calendula | 02/09/2012

@Calendula derrière les commentateurs masqués qui insultent à longueur de mots de lignes , il y a des hommes et des femmes courageux, mais pas téméraires au point de divulguer leur identité leurs intérêts. Je ne suis pas un chevalier blanc, mais je milite pour la suppression des pseudos dans la blogosphère: cette Niqab qui protège les islamophobes hystériques qui à force d' amalgames outranciers , confondent victimes et assassins comme en Palestine notamment.
Est- ce encore trop compliqués?

Écrit par : briand | 02/09/2012

@Gorgui Ndoye.en effet mes excuses, mais je suis un vieil indigné,et pour être précis , je n'ai aucune sympathie pour les mouvements islamistes, j'ajoute que j'ai été émerveillé de découvrir la littérature de Marie N'Daye est-elle africaine à votre avis?
Pour le reste du continent j'ai découvert récemment une pièce décapante au théâtre de l'orangerie de Kofi Kwahulé.
Mais dans ma jeunesse j'ai lu et relu et re - re- lu un auteur dont les africains se méfient, Camus, surtout parce que je partage avec lui une tragédie personnelle, lui et moi avons abandonné le football très jeune pour la même raison , la tuberculose.
Ne vous laissez pas envahir par les pervers scribouillards de l'ombre.

Écrit par : briand | 02/09/2012

@briand,
Là, je comprends mieux. (TEVA et Cie, je ne vois toujours pas ce que c'est - la chaîne de télé pour et par les femmes ? je ne la reçois pas...)
Cette histoire de pseudo est un vrai problème, je vous l'accorde.
Au vu de la violence des propos de certains, il est difficile de s'imaginer sans masque ( ou niqab, si vous voulez).
C'est un cercle vicieux : on se permet de tenir des propos provocants, agressifs ou invérifiables parce qu'on est sous pseudo. Pour ne pas se faire agresser ou personnellement insulter, on préfère fonctionner sous pseudo.
J'écris toujours comme si je devais répondre de mes paroles, à visage découvert.
Ca aide à rester décente.
J'ai été réellement surprise de votre idée de m'assimiler à un autre commentateur, cela chez D.J. Il faut bien admettre que le lecteur est responsable de sa lecture, comme l'est de son texte celui ou celle qui écrit.
Jusqu'à là, je croyais avoir une certaine constance dans mon écriture, que ce soit sur le fond ou la forme.
Comme vous, j'ai livré pas mal d'informations sur ma personne, au fil des mois. Un peu à contre-coeur. Mais je comprends que vous ne connaissiez pas l'intégrale de mes commentaires ! :-)))

Écrit par : Calendula | 02/09/2012

Le fait de signer ses écrits avec un pseudo est aussi ancien que l'écriture.

Qaunt au reste, ce n'est que suivre les règles de la TDG et libre à chacun d'y écrire ou d'y commenter, ce sont les mêmes régles pour tous

Écrit par : FannyB | 03/09/2012

Oui, FannyB.
C'est en cela que le détenteur de ce blog peut décider, s'il publie un commentaire ou pas. Il est libre.

Écrit par : Calendula | 03/09/2012

Tout à fait Fanny B que je crois bien connaitre, meilleurs messages à ton copain qui pratique les sports de combat.

Écrit par : briand | 03/09/2012

Monsieur Briand,je ne sais pas pourquoi et de quoi vous vous excusez. Pour ma part; je n ai de problème ni n'en cherche avec personne.

Je pense surtout qu'entre adultes et lettrés les gens peuvent discuter de tout mais avec dignité et respect.

Par ailleurs pourquoi quelqu'un se ferait il le plaisir d 'insulter les gens et de leur dire c'est parce que je suis libre de venir chez vous que je le fais. La liberté d'expression a bon dos !

C'est quoi cette mentalité, en plus cet anonymous voudrait quoi qu'il fit au'on se pliât à quatre pattes devant sa sainte arrogance pour lui dire : Oui; frappe; encore frappe; n'est ce pas triste !

Et maintenant cet individu a décidé de me faire la guerre selon ses propres mots; bien oui; je l'attends. J'ai pris toutes mes dispositions.


Bon Dieu que Monsieur l'Anonymous crée un blog s' il est si intelligent et puissant au'il semble le démontrer avec son défilé de ,ode macabre sur les différents blogs de la tdg et qu'il y déverse sa salive saleté en lieu et place de s'en aller putréfiant les écrits et mêmes autres positions de personnes dotées de chair d'os et une tête bien là où il faut.

Écrit par : Ndoye Gorgui | 03/09/2012

OUI JE CONNAIS MARIE NDIAYE L ÉCRIVAINE ELLE EST D ORIGINE SÉNÉGALAISE.

Écrit par : Ndoye Gorgui | 03/09/2012

salut Ndoye Gorgui tu permets , je prends une douche salvatrice chez toi, j'ai parcouru les quelques sites avec lesquels j'étais en pétard du genre DJ liberté d'insulter: homme libre de profaner: et je me suis dis, que chez toi je serai tranquille , de parler d'écriture c'est à dire d'histoire que le discours de Guéant à Dakar a mis à mal.
les mots n’appartiennent-ils qu'à ceux qui les maitrisent , la grammaire , les conjugaisons , ne sont-ils que des outils à la merci des maitres , ou alors ailleurs ni y a-t-il pas une musique de la langue qui transgresse cette constipation du verbe.?
Bon ce sera tout pour ce soir.

Écrit par : briand | 04/09/2012

Mais quelle grandeur que le petit monde étriqué genevois !

Écrit par : Corto | 04/09/2012

@briand,
Est-ce vraiment vous, là ?
Je ne vous reconnais pas. Ce tutoiement ? Et le reste ?

Écrit par : Calendula | 05/09/2012

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