17/08/2012

Passage devant le Cerd : Le Sénégal interpellé à l'Onu sur la paix en Casamance

Devant défendre à Genève son rapport sur les discriminations, le Sénégal s'est vu indexer pour la question casamançaise. La réplique de la délégation sénégalaise ne s'est pas fait attendre.

AmbassadeurFodeSECKUNPhotoJean-MarcFerré.jpgGENEVE - Le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale (Cerd) a examiné, les 14 et 15 août 2012, le rapport du Sénégal sur les mesures prises par notre pays pour se conformer aux dispositions de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Lors des débats, un expert algérien a fait état de «bombardement massif de civils en Casamance» par l'armée sénégalaise. Le Chef de la Délégation sénégalaise, l'Ambassadeur du Sénégal en Suisse et auprès de l'Onu, Fodé Seck, «ahuri» a pris la parole pour lui apporter un démenti cinglant avant d'exposer la question casamançaise qui est, à son avis, un problème politique qui n'a rien à voir avec l'ethnicité.

L'ambassadeur du Sénégal aux Nations unies, conduisant la délégation devant présenter le rapport du pays au Comité, a donné des éclairages sur de nombreuses questions notamment celles relatives à la Casamance, à l'architecture institutionnelle de la protection des droits humains, les mesures d'application prises par le Sénégal pour la mise en œuvre de la Convention, la question des castes, la situation des enfants talibés et l'absence de plainte devant les tribunaux pour fait de discrimination raciale. Il a souligné «la convivialité ethno religieuse au Sénégal....et la parenté à plaisanterie...».

Concernant la question de la Casamance, notre compatriote, originaire lui-même de Ziguinchor, a attiré l'attention sur la particularité du pays, «carrefour de métissage, par son histoire et sa géographie, qui continue d'être un lieu de brassage culturel et religieux, une terre de tolérance et d'hospitalité». Avec lui, la Délégation sénégalaise a martelé que «le dossier de la Casamance est éminemment politique, sans aucune considération basée sur l'ethnie, la race ou la religion». La Délégation sénégalaise «ahurie» par les informations évoquées par l'expert algérien du Comité concernant des bombardements de populations civiles au Sénégal, a précisé que ces informations ne sont «absolument pas fondées». De même, souligne la Délégation composée en plus du personnel de la Mission permanente à Genève, de représentants du gouvernement : «Les revendications indépendantistes des rebelles casamançais ne sont absolument pas fondées d'un point de vue juridique.» Les Sénégalais ont riposté à l'attaque du Comité en lui suggérant de relire l'histoire et la géopolitique de la sous-région. En un mot, le Comité doit intégrer le fait qu'il y a eu des influences extrêmement néfastes de la guerre de libération en Guinée-Bissau.

Allant plus loin dans leur offensive, les diplomates sénégalais se sont interrogés : «Pourquoi prendre les armes dans un pays aussi libre et démocratique que le Sénégal ?» Et d'expliquer qu'une frange importante de la rébellion est en train de se constituer en parti politique. En effet, au regard de la Convention, «le conflit casamançais n'est absolument pas un conflit à relent discriminatoire», conclut l'équipe du Sénégal. En réalité, l'un des facteurs ayant jusqu'ici entravé la résolution des problèmes de la Casamance est celui du discontinuum territorial, le partenaire gambien ne s'étant jusqu'ici pas entendu avec le Sénégal pour la construction d'un pont sur la Gambie pour que l'on puisse joindre cette partie sud du territoire sénégalais. Néanmoins, le Sénégal a été informé que les travaux pour la construction d'un pont sur la Gambie allaient démarrer incessamment, a souligné la Délégation.

Kokou Mawuena Ika Kana, rapporteur du Comité pour l'examen du rapport du Sénégal, a félicité le pays pour «son engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits de l'homme.» Il a aussi relevé que le Sénégal était à la fois un pays de transit et de destination des flux migratoires. «En dépit de quelques soubresauts, le Sénégal vient de réaliser une alternance qui démontre un réel ancrage démocratique», a reconnu M. Ika Kana qui a ensuite «félicité le Sénégal d'avoir accepté la compétence du Comité pour recevoir et examiner des plaintes individuelles (communications)». Il a en outre rappelé que le Sénégal avait été l'un des premiers pays à ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale et a ajouté que, dans ce contexte, on peut se demander pourquoi le pays a tant résisté à l'idée de faire traduire l'ex-président tchadien Hissène Habré devant le Tribunal.

Enfin l'expert chargé de l'examen du rapport du Sénégal, Kokou Mawuena Ika Kana Ewomsan, a relevé que les problèmes relatifs, notamment, aux migrants, aux enfants talibés, aux réfugiés, au système de castes et au conflit en Casamance, ont particulièrement retenu l'attention des membres du Comité. Rappelant que, lors de l'examen de son précédent rapport, le Sénégal n'avait pas reconnu le caractère ethnique de ce conflit, le rapporteur a souhaité que la situation soit réglée de façon pacifique en tenant compte de tous les aspects de la question pour permettre au Sénégal de réaliser la réconciliation nationale. Notons que tous les Etats-membres doivent présenter un rapport sur la mise en œuvre de la Convention pour l'élimination de la discrimination raciale. Le Comité est composé d'une dizaine de membres dont 5 Africains. Le Comité adoptera, dans le cadre de séances privées, des observations finales sur le rapport du Sénégal et les rendra publiques à l'issue de la session, qui se termine le vendredi 31 août.

Photo: Jean Marc Ferré/ONUG

El Hadji Gorgui Wade NDOYE (ContinentPremier.Com)

Commentaires

Merci, Gorgui, pour l'excellence de ce rapport.
Je vous souhaite un merveilleux we

Écrit par : Marie-France de Meuron | 17/08/2012

LE probleme de cette zone du territoire du Senegale merite une attention particuliere,allant dans un cadre qui permetra de banir les violences sur toute ces formes,d'arreter la mandicité,le nombre crucial de talibé qui ne fait que s,acroitre et qui les exposents au maladies ensuite taire les armes puis aller aux developpement de cette zone.Pour ce faire l'autorité Senegalais et les Rebailes du cazamance doivent partager chacun sa part de responsabilite en fin les ONG ET ASSOCIATIONS DE PAIX QUE NOUS SOMMES DEVRONT,REMUTIPLIé NOS EFFORTS POUR QUE L'HUMANITé VIE EN PAIX ET SE DEVELOPPE.

Écrit par : Chekarao Halidou | 22/08/2012

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